SUR LE CARACTÈRE
rik que je viens de nommer, voyant mourir ses fils l'un après l’aulre, s’écriait : « Ce qui les tue, ce sont les larmes « des pauvres, les plaintes des veuves et les soupirs des « orphelins. Nous amassons et nous thésaurisons sans « savoir pour qui. Voilà que nos trésors restent sans pos- « sesseurs, mais pleins de rapines et de malédictions. « N’hésitons pas à brûler tous ces rôles qui servent à lever « des impôts injustes '... » Mais ce repentir d’un moment cédait bientôt à l’amour des richesses , la plus violente passion des Franks.
Leurs incursions dans le midi de la Gaule recommencèrent aussitôt que ce pays, relevé de ses terreurs et de ses défaites , n’admit plus leurs garnisons ni leurs collecteurs d’impôts. Karl, à qui la terreur de ses armes faisait donner le surnom de Marteau 1 2 , fit une course jusqu’à ( Marseille; il s’empara de Lyon, d’Arles et de Vienne, et emporta un immense butin sur le territoire des Franks 3 . Quand ce môme Karl, pour assurer ses frontières, alla combattre les Sarrasins dans l’Aquitaine, il mit à feu et à sang tout le pays ; il brûla Béziers , Agde et Nîmes ; les arènes de cette dernière ville portent encore les traces de l'incendie. A la mort de Karl, ses deux fils, Karlomann et Pépin ’ continuèrent la grande entreprise de remettre
1 «... Ecce jam eos lacrymæ pauperum, lamenta viduarum, suspiria orplianorum interimunt.. Nunc, si placet, veui, et incendamus omnrs dcscripliones i niquas. » ((1res. Turon., Hislor. Francor., apud Script, rer. gallic. et fronde ., t. Il, p. 253. )
1 « ...Quia sicut malleo universa tunduntur ferramenta, ita ipse contrivit omnia sibi régna vicina. » (Hugonis Chron. tirdun., ibid., t. III, p. 363. )
* « ...Cum magnis thesouris et muneribus in Francorum regum remeavit. ■ (Fredegarii Chron. continuai., iliid., t. Il, p. *56. )
* I.e mol matin, qui signifie homme, est ici joint à celui de karl, qui signifie honunc robuste, pour lui donner encore plus de force. La signi-