ET LA POLITIQUE DES FRANKS
sous lo joug des Franks les habitants du Midi, auxquels on donnait encore le nom de Romains’. En 742, leur armée passa la Loire à Orléans, se porta sur Bourges, dévasta le pays jusqu’au château de Loches, et se partagea, sur les lieux, les dépouilles des vaincus, et les hommes eux-mêmes, qu’elle emmena pour les vendre 2 . Dans l’année 761, Pépin, devenu roi des Franks, convoqua sur les bords de la Loire leur grande assemblée annuelle; ils s’y rendirent avec armes et bagages, passèrent le fleuve et ravagèrent l’Aquitaine jusqu’à la contrée des Arvernes, où ils brûlèrent la ville de Clermont , faisant périr dans l’incendie une foule d’hommes, de femmes et d’enfants 3 . La principale cité des Arvernes fut prise d’assaut, et les Franks, selon leur coutume, pillèrent tout ce qui pouvait s’emporter. L’année suivante, ils vinrent encore autour de Bourges enlever des chevaux et des hommes. En 765, ils étendirent leurs excursions jusqu’à Limoges; en 766, ils poussèrent jusqu’à Agen , détruisant les vignes et les arbres, incendiant et pillant les maisons. Après ce ravage
fication du nom de Pépin n’est pas aisée à découvrir; ce nom semble formé de Pcpp ou Pipp, contraction familière d’un autre nom de deux syllabes, et du diminutif germanique marqué par l’addition des syllabes in, ien ou chcn. Deux noms analogues à celui-ci se rencontrent dans Grégoire de Tours : on y trouve Pappolenus et Beppolenuu ; ce qui , dans la langue des Franks, devait se prononcer Pappeleen et Beppeleen. C’est encore le même nom familier Bepp et Bapp, suivi du diminutif leen ou /fi», comme prononcent aujourd’hui les Allemands.
* « ...Romanos proterunt... >• (Frcdegarii Chron. continuai , apud Script, rcr. gallic. et fruncic., t. II, p. 458.)
2 «... Quum... Francorum cohortes prædjelam (Bituricus'j depopulassenl urbem, et cunctorum domos igni cremassent... » (Ex Vita S. Purdulphi, ibid-, t. III, p. 65t.)
3 «... Maximam partem Aquitaniæ vaslans...Claremontcm castrum captum atque succensum bcllando cepit, et mullituilinem hominum, tam virorum quatn feminarum, vel infantum plurimos in ipso inccndio cremaverunt. <• (Frcdegarii Chron. continuât., ibid., t. V, p. 3.)