SUR LE CARACTÈRE DES FRANKS
de l’Aquitaine entière, ils repartirent pour leur pays, « pleins de ^oie, comme disent les chroniques, et louant « Dieu qui les avait guidés dans cette heureuse expédi- « tion ' . »
Ainsi la Gaule méridionale fut, pour les fils des Franks, ce que toute la Gaule avait été pour leurs pères, une contrée dont la richesse et le ciel les attiraient incessamment, et qui les voyait revenir en ennemis, sitôt qu’elle ne leur achetait plus la paix. Karl , fils de Pépin, à qui nous donnons, d’après les romans du moyen âge , le nom bizarre de Charlemagne , porta jusqu’aux Pyrénées les dévastations que son père n’avait pu étendre au delà des confins de l’Aquitaine. Il réunit la Gaule entière et plusieurs des pays voisins sous une domination militaire qu’il s’efforça de régulariser pour la rendre durable, mais dont le démembrement commença presque aussitôt après sa mort. Alors tous les pays réunis de force à l’empire des Franks, et sur lesquels, par suite de cette réunion, s’était étendu le nom de France, firent des efforts inouïs pour reconquérir leurs anciens noms. De toutes les provinces gauloises , il n’y eut que celles du midi qui réussirent dans cette grande entreprise , et après les guerres d’insurrection qui, sous les tils de Karl le Grand , succédèrent aux guerres de conquête, on vit l’Aquitaine et la Provence devenir des États distincts. On vit même reparaître, dans les provinces du sud-est, le vieux nom de Gaule, qui avait péri pour jamais au nord de la Loire. Les chefs du nouveau royaume d’Arles, qui s’étendait jusqu’au Jura et aux Alpes, prirent le titre de rois de la Gaule, par opposition aux rois de la France.
1 « ...Deo auxiliante... Chrislo duce... cum gaudio révérai sunt. • (Fredegarii Chron. continuai., apuil Script, rcr.galtic cl fraude t. V, p, 5 et Ç.)