XV
coup d'oeil suu l'histoire d’espagne*.
C’est l’indépendance qui est ancienne, c’est le despotisme qui est moderne, a dit énergiquement madame de Staël ; et dans ce seul mot elle a retracé toute notre histoire, et l’histoire de toute l’Europe. 11 n’y a point lieu de séparer la destinée de l’Espagne de cette destinée commune; sa situation présente, si nouvelle en apparence, n’est point non plus une nouveauté pour elle.
Plus d’une fois son beau soleil s’est levé sur des générations d’hommes libres, et ce qu’elle fait apparaître aujourd’hui aux yeux de l’Europe étonnée n'est guère que la restauration d’un édifice mal détruit, dont son sol gardait les fondements. Si les choses de ce monde avaient un cours égal et uniforme, l’Espagne eût toujours été, pour la liberté civile, bien loin en avant de la France.
La guerre intestine, suite et développement de la conquête, ne cessa jamais d’agiter la population mêlée de la Gaule : la population de l’Espagne fut de bonne heure, paï un grand désastre commun, réunie en fraternité commune, confondue dans le même intérêt, le même sentiment, la même condition, les mêmes mœurs. En l’année 712, les Arabes envahirent tout le pays, hors un petit désert au nord-ouest, entre la mer et les montagnes 2 , seule habi-
1 Courrier Français du 6 novembre 1820.
* La province des Asturies.