‹ Dix ans d'études historiquesChapitre 77 sur 86 · LETTRE A M. CHARLES NODIER · texte numérisé non relu

LETTRE A M. CHARLES NODIER

Snr la restitution des noms propres dans la période germanique de l’histoire

de France

Monsieur ,

Vous aimez passionnément la belle langue française du xvii® siècle, et je l’aime comme vous; vous trouvez que cette langue, déjà altérée au siècle dernier, se dégrade et périt dans le nôtre, et je suis de votre avis; mais je crois que vous vous méprenez sur les causes d’une décadence que nous sommes condamnés à voir sans que nos efforts puissent l’arrêter. En voulant sonder et guérir la plaie, vous la cherchez où elle n’est pas. 11 vous semble que le mal provient de quelques particularités, nouvelles ou étranges selon vous, du vocabulaire des sciences physiques , de la philologie et de l’histoire ; c’est là que vous l’attaquez avec une ardeur peu réfléchie, et vous détournez les yeux de ses véritables sources, qui sont le néologisme purement littéraire, je veux dire l’incorrection grammaticale, l’impropriété des mots, l’emploi vicieux des locutions, l’abus des figures, le mélange des tons, le défaut de naturel et de clarté dans le style. Si la corruption du goût et du

* Cette réponse à lin article de la Revue de Paris intitulé: Diatribe du docteur Neophobus contre les fabricaleurs de mots, a ha ru dans le même recueil le 23 janvier 1842.

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