‹ Dix ans d'études historiquesChapitre 9 sur 86 · SUR LUS PARTIS POLITIQUES, ETC · texte numérisé non relu

SUR LUS PARTIS POLITIQUES, ETC

soient pour les rois plus touchants que ceux d’un autro homme; qu’aux yeux des courtisans de César, le génio de César, qui les engraissa dans le repos, soit le plus puissant des génies, cela se conçoit : mais nous, citoyens fils de citoyens, quelle autre mesure pouvons-nous donner à notre intérêt ou à notre enthousiasme , que la grandeur des infortunes et la moralité des actions? Les misères personnelles de Charles Stuart, que sont-elles devant les misères collectives du peuple anglais? Qu’est-ce que l’astuce de Cromwell, devant la grande idée de la liberté? Le roi a péri; mais combien d’hommes ont péri pour l’autre cause! Les familles des patriotes ont payé cher une seule espérance. Le roi est mort; mais le peuple, qui ne pouvait mourir, fut obligé de contempler dans lui- même l’instrument de sa propre servitude : il vit les enseignes de la patrie foulées aux pieds par des traîtres, et le nom de la liberté inscrit par dérision sur les sabres de ses vainqueurs.

Nous devons dire que M. Villemain n’a point méconnu l’existence du peuple anglais , comme premier agent et premier objet de la révolution d’Angleterre. Ce peuple avait longtemps gémi sous le poids d’un gouvernement qui vivait de lui, mais non pas pour lui. 11 implora du soulagement, et ne reçut pour réponse que des menaces. Il fit des efforts qui furent punis comme des crimes. En 1640, fort de sa longue indignation, il se leva enfin, regarda ses maîtres en face, et leur proposa, d’égal à égal, en échange des hostilités de l’oppression , un pacte de raison et de justice : il fut éconduit, trompé; et alors il en appela à l’épée, comme au dernier des arbitres. On combattit, et la liberté fut victorieuse. Le chef du pouvoir se rendit; il devint alors plus traitable, et ses vain-

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