LB PLUS ANGLAIS DES MINISTRES
L'avertissement était sévère, sans nul doute, mais le ministre qui avait si gravement offensé sa souveraine n'en resta pas moins à sa place. Il dut se croire inviolable.
Aussi n'hésita-t-il pas à prendre sur lui, quelque temps après, de sanctionner le coup d'État de décembre sans consulter ses collègues.
C'était là, de toute façon, une étrange conduite de la part d'un ministre constitutionnel. La mesure parut comblée; et la reine, cette fois, lui fit dire par John Russell qu'elle acceptait sa démission. Mais quoi ! tout u'était-ilpas permis à lord Palmerston? Il se heurta si peu dans sa €hute, que lorsque, dans le mois de février suivant, la chambre des communes se rassembla, il put se venger en jetant à son tour par terre le cabinet d'où il avait été exclu. Il devint manifeste alors que l'influence dominante était la sienne. Chacun comprit que le poste de premier l'attendait, et on ne se trompait pas. Après une courte apparition de lord Derby au pouvoir, et le « ministère de coalition » de lord Aberdeen, il obtint d'emblée la haute position que, sauf une interruption de quelques mois, il a conservée jusqu'à sa mort.
Cherchez-vous encore le secret de la popularité sans égale dont il a joui pendant sa vie, et des hommages sans mesure que l'Angleterre rend à sa mémoire? Il est dans les paroles de lord Russell que j'ai citées: « Oui, le grand art de lord Palmerston a consisté à faire croire qu'il était par excellence le ministre de V Angleterre, î> En le grandissant aux yeux du monde, elle-même se figure grandir. C'est une erreur dont elle reviendra. L'intelligence du peuple anglais m'en répond. Attendons l'histoire.
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«6 DIX AKS DE L'HISTOIRE D*ANGLBTERRE.