MORT DU CARDINAL WISEMAN
d8 février.
Le parti catholique ici est en grand deuil, et non sans raison : le cardinal Wiseman est mort.
Le catholicisme aura en effet beaucoup de peine à trouver en Angleterre un homme plus apte que le cardinal Wisemau à une œuvre de propagande.
Il y avait cela de remarquable en lui, qu'il joignait à l'esprit impérieux et aux prétentions intraitables du prêtre ultramontain un grand fonds d'habileté, une singulière variété de talents profanes et les grâces de l'homme du monde.
Fils d'un riche marchand de Waterford et né à Séville, il tenait par son origine aux deux pays les plus catholiques de la terre : l'Espagne et l'Irlande. De fait, c'était le catholicisme qui l'avait reçu au sortir du berceau ; c'était le catholicisme qu'il avait sucé avec le lait de sa nourrice; et il ne chercha jamais à se défendre de ces premières impressions de son enfance. Sur son lit de mort, il disait que, durant tout le cours d'une vie de soixante-deux ans, il ne lui était jamais arrivé de concevoir le plus léger doute sur aucun des articles de la foi catholique. Cette parole est caractéristique. Venant d'un homme doué d'une intelligence, non seulement vive et cultivée, mais, sous plusieurs rapports, très active, elle prouve qu'à l'exemple de tous ceux dont le catholicisme s'empare de bonne heure, le cardinal Wiseman s'était fait une loi d'endormir sa pensée, en matière religieuse. La foi, une foi aô-
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