‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 67 sur 131 · JOHN STUART MILL · texte numérisé non relu

JOHN STUART MILL

être leur homme. N'est-îl pas remarquable que, malgré <;ette attitude hautaine, malgré ce langage si noblement hardi, si nouveau, M. Mill ait conquis les suffrages de Westminster, et les ait conquis au point d'avoir presque autant de voix que la puissante famille des Grosvenor?

Quant au candidat qui lui était opposé, M. W. H. Smith, il est à noter qu'il y avait honneur à le vaincre, attendu que W. H. Smith est un homme très honorable, très estimé, immensément riche, qui s'appuie sur des influences aristocratiques, et qui, de tous les conservatistes, est peut-être le plus acceptable, au double point de vue de l'élévation du caractère et de la modération des idées.

L'élection de M. John Stuart Mill, sous quelque aspect qu'on Tenvisage, est donc un événement mémorable. Dira-t-on encore qu'on n'a que des choix insignifiants ou déplorables à attendre des grandes circonscriptions électorales? Accusera-t-on les populeux districts de Londres, la Cité, Westminster, Lambeth, Marylebone, de n'envoyer à la Chambre des communes que des hommes médiocres? Voici que le district de Westminster vient de se distinguer par l'élection de sir John Stuart Mill, comme il lui était arrivé de se distinguer par celles de Fox,de Burdett, de Wilkes, de HorneTooke.

De leur côté, les électeurs de Lambeth ont nommé, dans M. Hughes, l'éloquent apôtre du système coopératif, le défenseur des droits du travail, l'ami éclairé de la classe euvrière;et l'enthousiasme populaire qui a salué cette élection en révèle la signification profonde.

Dans la Cité, le principe qui a triomphé par la nomination de M. Goschen est celui de la tolérance religieuse.

Londres, comme nous dirions, nous autres Français, a bien mérité de la patrie.

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