LE CULTE DU MERVEILLEUX A LONDRES
messieurs avaient charge de représenter l'esprit d'f xamen. Ils montèrent sur la plate-forme, entrèrent dans le cabinet, dont les portes étaient tout ouvertes, en visitèrent l'intérieur et s'assurèrent qu'il n'y avait pas de trappe.
Puis les deux frères Davenport parurent. A leur tour, ils entrèrent dans lé cabinet, où ils s'assirent face à face sur des sièges en bois à demeure, et des cordes furent apportées. Vous savez les fameux mots : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » J'ignore si le capitaine X... et M. Alfred Wigan crurent avoir sur les frères Davenport le pouvoir que les paroles citées donnent au confesseur sur le pénitent; mais ce qui est sûr, c'est qu'après avoir bien tâté, bien fouillé les protégés des Esprits, ils les lièrent l'un et l'autre aussi fortement que possible aux sièges dont j'ai parlé; après quoi, les portes du cabinet se fermèrent. Mon ami et moi, nous aurions mieux aimé qu'elles restassent ouvertes, dans l'intérêt même des Esprits, dont la dignité gagnerait évidemment à ce qu'on ne les supposât point réduits à l'humiliante nécessité de se cacher derrière une planche pour prouver ce dont ils sont capables. Mais la science a ses mystères, celle des Esprits surtout.
Nous fûmes, conséquemment, condamnés à voir fort peu. Il est vrai qu'en revanche nous entendîmes beaucoup. Si le spiritisme dont les frères Davenport sont les pieux agents ne s'adresse guère aux yeux, on ne saurait nier qu'il ne s'adresse aux oreilles. Des instruments qu'on avait mis sur le plancher du cabinet, savoir une guitare, un tambourin, une trompette de cuivre, se mirent, dès que les portes furent fermées, à faire un vacarme infernal; et même la trompette fut jetée dans la salle, à diverses reprises, par une petite ouverture en forme de losange pratiquée sur le devant du cabinet.
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34 DIX ANS PE L'HISTiOIRE P'ANGLJSTE&RE.
assez haut^ mais pas assaz pojur que }a main d'up bQO)<l^^' dans rintérieur j^'y pût ^Ifeifidre. Es|;-ce là ce qui expUqujfr le fait d'une main qui, de t^mps ei) temps, paraissait à ladite ouverture? G'esf oe que mon ami et moi nous im*-: ginâmes, tant notre éducation voltairienne nous porta k nier, en fait de mirapjies, ju^q^'^^'éyidepçe. Noaç ayiojis d'autant plus tort, que la ip^in pu question Q'ayait riei) d'humain, ce qui i^e ^f)n& frapp.;^ point, n^^n ami et n^oi., parce qjie nous n'avoas p^s les yeux de la foi, m^is cp que j'entendis affirmer par qijelques-uns de mes yoisms, et par toutes mes voisines.
Ayant de poi^r^uivre ipon récjt, et afin de me faife pardonner par mes lecteurs pe qji'ils seraieaj peut-être teptjâs de regarder comme la flf^^fqne 4^1^ &cept|pi§ra,e iticprngible, je dpis leur 4*^® W® j'?ivais 4es raisons particulières pour ne pp|nt partager le sentiment 4p stupéfaction qui régnait manifestement autour de moi.
La veille même J'oyais yu le fils d'i^n Al}!smfind d^ ïpes amis, garçon 4^ quinze ans, se débarrasser ep iin din d'œil d'une cprde ^vec laquelle je lui avais lié, aidé d^ W^^ autre personne remi^rquablemenf vigourfjuse, les mains, les jambes, le rnlli^H 4h corps; et il n'ayait eu besoin, pour cela, de défaire aucun 4es noeiids. Il était, si je puis parler ainsi, sorti de la corde, comme qui dirait i^\\m prison, laissant le^ nœuds parfaitement intacts, de sorte qu'il lui aurait été possible, avec plus d'habitude qq'il n'en av^it, de se lier de nouveau et exactement de la ni^me façon qu'il avait été lié par nous.
Dès lors, rien de plus simple pour moi que la puissance surnaturelle des frères Davenport. Dans ce cabinet où l'on ne pouvait les voir, puisque les portes en étaient fermées, ils s'étaient débarrassés de leurs ligatures sans plus de difficulté que n'en avait eu mon je\ine ami l'Allemand ; et, cela fait, ils avaient pu tout f^ leur aise trépigner, ébranler à grands cpi^ps de ppjng les pa-^
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