LE OOLTE D0 MERVEILLEUX À' LONDRES. 3U
tors àtt cabinet, jouer de la guitare, ifnoritrer leur main à un trou et jeter par ce trou une trompette. Il est vrai que, lorsqu'on ouvrit les portes, on !eâ aperçut liés comme ils J'avsti'enf été par le catpitairie X... et M. Alfred Wigan. Maiâr, dès que Tart consiste à gé débarrasser de la corde san^ ioticlîer aux nœuds, où compi^end qér'il soit possible ûes'f emprisonner de nouveau, comme oïl remet son habit après l'avoir ôté. Nul doute qu'un tour de ce genre ne •demande, pour être exécuté daiis la perfection, une longue pratique et une rare dextérité. Maïs les promenades et lés cabriolesr de Blondin sur la corde raide ont quelque those de Men plus extraordinaire, et elle^ lie sont pas le résultat de Tiiitervention des Esprits.
Les éordes employées sont d'une assez belle grosseur, ce c^ facilite singulièrement le loitr. On avait défié les frères Davenport de s'en tirer, avec de la ficelle très forte et itèÈ mince. L'épfeuve n'a pas été acceptée. Par dés nrotîl^ q(A partîcipient du mystère de l^éur existence, les Esprits A'ont rien à voir à la ficelle ; iî lèui* faut de bonnes cordes, qui n^eritrérft pas trop avant dans la chair de ïeurs protégés, et qui y mettent un ^eu de complaisance.
3é reprends mon récit. Dans son ardeur à terrasser lés incrédules, M. Ferguàon pfîà Mf. Alfred Wigân d'értttër •dans le cabinet, de s'y asseoir entre les deux frères, d*y rester pendant que les portes Seraient fermées. Vide ThùMas, vide mantis. Malheureusement, il n'est donné ftî â Tfromîâs nî à personne de voir claïr dàbâ yôtscurité. Torfï ce que M. Alfred Wigan aurait pu faire dans ce cabinet fei'mé, c'eût été d'employer ses mains à s'assurer de ce qui se passait autour de lui. Or, cet inconvénient avait été si bien prévu que, dès qu'il fut assis entre leg déu^ frères, on lui attacha la main droite à l'épaule de Fiîra, et la main gauche à la jambe de l'autre. Dans cette situation, que lui était-il possible de vérifier ? Il n'avait à Sa
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disposition ni le sens de la vue ni celui du tact. Aussi sa présence n'empêcha-t-elle pas le tambourin, la guitare et la trompette de jouer leurs rôles respectifs. Le pauvre témoin qu'on avait réduit à ne rien voir et à ne rien loucher, eut même le désagrément de recevoir des coups sur la tête; les Esprits poussèrent Tespièglerie jusqu'à lui tirer le nez, et, lorsque les portes en s'ouvrant montrèrent au public l'intérieur du cabinet magique, on y aperçut, entre les deux frères, toujours liés, M. Alfred Wigan avec le tambourin pour coiffure.
Convenez qu'ils sont doués d'un bon naturel, ces Esprits qui se donnent la peine d'entrer en rapport avec notre monde visible, sans autre but que de faire la fortune des frères Davenport; car je ne suppose pas que leur but soit de nous prouver l'immortalité de l'âme et de nous donner un avant-goût de la grandeur de nos destinées d'outre-tombe, quand ils profitent de l'obscurité — dont, par parenthèse, ils ne devraient pas avoir besoin puisqu'ils sont invisibles, — pour coiffer d'un tambourin ce brave M. Wigan et lui tirer le nez.
Au second acte maintenant, s'il vous plaît. On nous conduit dans une salle d'en haut. Au milieu de trois ou quatre rangées de chaises est une table, sur laquelle brûlent deux bougies. De chaque côté de la table, une chaise à laquelle on attache un des frères Davenport. Nous prenons place. Silence ! M. Ferguson va parler. Il prévient les assistants que les phénomènes de la chambre noire, ainsi que le nom l'indique, vont se passer dans l'obscurité la plus profonde. Deux conditions sont requises : la première, que les assistants se tiennent tous par la main ; la seconde, que personne ne s'avise, pendant l'opération, d'allumer une allumette. L'engagement est solennel, c'est un engagement d'honneur, que ceux qui répugneraient à le prendre se retirent : on leur rendra leur argent.
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