‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 81 sur 131 · LA VIANDE MENAGE DE MANQUER · texte numérisé non relu

LA VIANDE MENAGE DE MANQUER

nous-mêmes, nous avons jeûné pour un saint du calendrier,

pour un moine du xvi*" siècle ou quelque supercherie sa-

^cardotale. Jeûnons pour la liberté. > Déjà la section de

lontmartre et celle de THomme-Ârmé avaient arrêté un

frême civique de six semaines. La Commune fit placar-

^r dans les rues un arrêté qui réduisait chaque bouche

ine livre de viande par décade, et, les comités révolu-

bnnaires donnant l'exemple, la République s'imposa le

^oir d'abstinence. La valeur économique d'un pareil

[édé n'est pas, j'en ai peur, de nature à être appréciée

Qgleterre, et ce n'est pas ici qu'il faudrait compter

succès d'un appel adressé à l'enthousiasme de

pic. Le riche, quoi qu'il arrive, trouvera toujours

se donner du bon temps et des indigestions;

perspective qui se présente au pauvre n'est pas

près cela, de dire qu'on s'occupe partout, et ,des mesures à prendre» La plus urgente pnsist^^^ferifier impitoyablement tout animal attaqué Ile la coi^Bon aussitôt que les sjmptômes se mani- Ffestent. Ma^Lreusement, c'est une perte à subir, et beaucoup s^Lfusent à l'affronter. Pour tourner l'obstacle, on a îfliginé de faire ce qui se fit, il y a deux ans, quand la F^V vérole menaça les moutons d'une destruction oflplète. A cette époque, les nourrisseurs se constituè^pen société d'assurance mutuelle, et chacun d'eux, i^H'être indemnisé du sacrifice que les circonstance^^urraient réclamer, fut encouragé à s'y' résoudr

~5cédé est efficace, mais cela ne suffirait pas. A il*virait-il de combattre le mal en dedans, si l'on sôïïtfrait qu'il fût alimenté par les animaux envoyés du dehors ? On insiste donc de tous les côtés, non seulement pour que le gouvernement fasse rigoureusement inspecter, aux lieux de débarquement, le bétail que l'étranger

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expédie, mais encore pour qu'il fasse subir une quarantaine aux animaux importés.

Ici, nouTelle difBeulté. Le gouvernement n'est pas investi à cet effet des pouvoirs nécessaires. Et il est également désarmé devant Thomicide cupidité des vendeursde viande infectée que l'on condamne, quand ils sont dé* couverts, à des amendes d'une insignifiance scandaleuse, faute d'une loi en rapport avec la gravité des circonstances. Il y a cent vingt ans, ordre fut donné de tuer et d'enterrer dans des fossés, recouverts ensuite de chaux vive, les animaux que la contagion aurait atteints. Hais il faut alors un acte du Parlement, pour autoriser le roi en conseil à signer un pareil ordre. En ce moment, vous le savez, le Parlement est en vacances : c Qu'à cela ne tienne! dit-on; que le gouvernement agisse, et qu'il obtienne ensuite du Parlement un bill d'indemnité I On ne le lui refusera pas. » Le langage du Times^ sur ce point, est curieux à citer : c Noos sommes d'avis, disait^il car* rément dans son numéro du 4 août, qu'en se comportant de cette façon, le gouvernement s'élèverait à peine au niveau de ses devoirs. Tout ce qu'il est nécessaire de faire, pour arrêter la contagion, doit être fait, que cela soit ou non écrit dans la loi. Négliger les précautions convenables sur de semblables scrupules, serait le pédantisme de la légalité. » De sorte que le gouvernement est sommé d'intervenir, et, qui pis est, d'intervenir d'une manière arbitraire. Voilà comment s'exprime, dans la patrie du laissez^faire le principal organe du laissezfaire. Avis à ses théoriciens !

Une chose non moins remarquable, c'est l'empressement de tout le monde à convenir, provisoirement, que ce qui intéresse tout le monde est l'affaire de tout le monde. Rien de tel que la peste pour enseigner aux hommes le dogme de la solidarité !

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