‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 103 sur 106 · UN TH£ATR£ INCENDIE · texte numérisé non relu

UN TH£ATR£ INCENDIE

toache les causes et les circoastances du désastre? Il paraît que le pompier en cbef stttactié à rétablissement n'avait pas moins de trejp.te-sept a«as de service. (Xa itait donc content de lui. -r- Sans doute : m^is, cofx^Jifj^ un journal le dit avec raison^ le fait p;*ouve que cet Wnme est déjà fort âgé, e^ laisse supposer qu'il n'est guère s^u courant des modifications apportées, de j^os JQur^, dans le système des pompes à incendie. Il est bien certain, d'ailleurs, qu'un emploi qui den^iande i^^e attention incessante est difficile à bien remplir pendant une longue suite d'années, parce qu'il devient alors affaire de routine Qt risque d'être rempli d'une n;ianière toute mécaqique.

Quoi qu'il en soit, le grand incendie qui vient d'avoir lieu appelle l'opinion publique à se préoccuper davantage de certaines questions jusqu'à ce moment trop négligées.

N'y a-t-il aucun inconvénient grave àce que les théâtres soicj^t des entreprises purement, exclusivement privées? ^'y aurait-il pas avantage à ce que ^es hommes chargés de jles préserver des atteintes du feu fussent nommés pso* le surintendant du corps des pompiers, placés sous sudirecr tion, soumis à ses ordres, eussent en ,un mot le caractèi^e de fonctionnaires publics. Q^ir enfin, c'est d'un intérêt es^enliellement public qu'ils'agitici. Ji'inceudie qui aécl^té vendredi soir coûtera sa foctu^e à I^. M^pleson; mais s'il ava\t éclaté sarmedi sqir, à (Cooiti^en de personnes n's^urfiÂtil pas coûté la vie?

Il importerait aussi que la question, très imppLrMLi^e, du mpde de construction des théâtres cessât d'appartenir au domaine du laiasez-faire. La loi cègle la forme, désigne ia situation at détermine jusqu'aux matériaux des bâtiments consacrés à des occupations qui impliquent de sérieux dangers, tels que les usines à gaz, les poudrières : poi^rquoi n'interviendrait-elle pas dans la co^structiqn d'édifices destinés à de grands assemblages de peuple? Pp .prétend que ce n'est pas, en th^e générale, pendant

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le lempsdcs représentations que les théâtres sont exposés^ à prendre feu, parce que la surveillance alors est non seuleinen t active,raais aussi présente et le nombre des surveillants considérable. Mais la réponse à cela est bien simple : dans un théâtre où se pressent des milliers de personnes, le danger, si les issues ne sont pas suffisamment larges et convenablement ménagées, c'est... la crainte du danger. Quand une panique se déclare — et les paniques ne raisonnent pas — on fuit la flamme sans être poursuivi par elle, et l'on est exposé à mourir non pas brûlé, mais étouffé. Voilà le genre de péril contre lequel, en tout cas, il est indispensable de trouver une sauvegarde.

Or, quelle est la conséquence du système qui abandonne la construction des théâtres à la clairvoyance de Tintérêt privé? Le terrain étant très cher, surtout à Londres, entrepreneurs et directeurs ne songent qu'à en tirer le meiU leur parti possible, au point de vue des recettes à faire, ils disposent de l'espace de façon à obtenir le plus grand nombre possible de places payantes. Chaque pouce de terrain qui n'a pas son prix marqué au bureau, ils le considèrent comme perdu. De là ces passages sinueux, de là ces étroits corridors où la foule, dans un m(fment de panique, ne saurait s'entasser sans qu'il n'y ait dé victimes. C'est à la législation de protéger le public contre l'égoïsme,trop souvent impitoyable, des spéculations privées.

Mais quel système employer? Ceci regarde la science moierne. Les anciens avaient ce qui, dans leur énergique langage, portait le nom de vomitoires. A la vérité, notre civilisation, tant vantée, est singulièrement en arrière de l'antiquité, en fait de spectacles. Qu'avons-nous aujourd'hui de comparable à ces amphithéâtres, tout reluisants de marbre et de pierres précieuses, qui, sur leurs quatre-vingts rangs de gradins, pouvaient contenir cent mille hommes assis à l'aise? Qu'avons-nous de comparable à ces vastes arènes où la magie, les changements à

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