‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 105 sur 106 · LA PAROLE EST A LA POTENCE · texte numérisé non relu

LA PAROLE EST A LA POTENCE

ik décembre.

Un effroyable attentat Vient d'être commis. Hier, dans le quartier de Clerkenwell, presque en plein jour, un baril de poudre amené sur un camion, et placé contre le mur de la prison où le fénian Burke est déteilu, a fait sauter ce mur et changé sept ou huit maisons, situées vis-à'-vis, en un affreux monceau de ruines. Deux hommes et une femme ont péri. Une femme et deux enfants manquent: on les croit ensevelis sous les décombres. Cinquante personnes environ ont éik portées à l'hôpital^ plus ou moins blessées ; quelques-unes — on le craint — mortellement. L'homme qui a mis le feu au baril de poudre est parvenu à s'échapper, l'explosion ayant renversé le policeman qui avait la main sur lui. On a arrêté trois de ses complices supposés : deux hommes et une femme. Tous les trois, ils ont gardé jusqu'ici un morne silence. La femme a essayé de se tuer^ mais en vain. La consternation et la rage étaient hier dans le quartier : aujourd'hui, la désolation et l'a douleur sont partout.

Ce crime, qui a été conçu avec une cruauté si indifférente au choix de ses victimes, et qui a été exécuté avec un sang-froid si barbare, est-il imputable à des fénians? C'est ce qu'un frappant concours de circonstances tend à prouver. S'il en est ainsi, ah! c'est pour le coup que l'Irlande aura raison de prendre le deuil ; car rien de plus funeste ne pouvait lui arriver.

Étendre la responsabilité d'un tel acte de fureur à tous

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