UNE COMÉDIE DANS L'HISTOIIIE
sembla. C'était ujie comédie. Il s'agissait pour les ministres de s'entendre définitivement sur le genre de réforme parlementaire que M* Disraeli, en leur nom, devait, le surlendemain même, soumettre aux méditations de la Chambre des communes.
Le plan était celui-ci : on proposait d'étendre le droit de- suffrage à quiconque occupe une maison quelconque, et, pour contrebalancer le danger démocratique d'une extension aussi considérable, on le combinerait avec une mesure destinée à garantir aux minorités dans les divers districts leur part de représentation.
La majorité des membres du conseil s'était, tout d'abord, rangée à cette opinion. A l'un d'eux, qui la trouvait trop révolutionnaire, on montra des chiffres qui calmèrent un peu ses terreurs. Bref, on s'accorda ; et M. Disraeli alla préparer la harangue par laquelle il devait prouver à la Chambre des communes et au pays que l'Angleterre serait redevable à un gouvernement tory de la meilleure des réformes possibles.
Hélas! il comptait sans son hôte, sans lord Cranborne, secrétaire d'État pour les Indes, grand travailleur, parleur habile, mais ennemi né des choses nouvelles.
Que fit lord Cranborne? Pendant que ses collègues employaient la journée du dimanche à aller au prêche et à lire la Bible, — c'est à quoi s'occupent, le dimanche, les gens bien pensants, — lard Cranborne, enfermé dans son cabinet, et la tète penchée sur les chiffres qu'on lui avait montrés la veille, se demandait avec inquiétude sîy tout bien compté, le despotisme du nombre ne risquait pas d'en sortir.
Le lundi arriva. C'était le soir même de ce jour que H. Disraeli devait exposer, dans la Chambre des communes, le plan convenu Tavant-veille. Mais voilà que des messages sont envoyés en hâte et dans toutes les directions pour prévenir les membres du cabinet qu'ils aient à