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L'ES PRÉDICATIONS DE MURPHY A BIRMINGHAM

obstacle. Et, vendredi dernier, comme si rien ne s'était passé, il discourait, inviolable, devant un auditoire apaisé.

N'y a-t-il rien qui émeuve dans la confiance sereine, inébranlable, qu'inspire à un grand peuple, même au lendemain d'un orage, cette déesse des cœurs fiers : la liberté?

Et qu'on ne vienne pas expliquer la tolérance politique du pouvoir par l'intolérance protestante de l'opinion. Il n'y a eu, dans la presse prolestante, qu'un cri contre le discours provocateur, et ce cri a été terrible.

C'est qu'en effet le protestantisme, fils, trop souvent égaré, du libre examen, tend de plus en plus à revenir au respect de son principe, eu Angleterre. La masse, pour des raisons que je dirai, n'a pas encore cessé d'être sujette à des entraînements fanatiques : j'en conviens, et. les troubles de Birmingham le prouvent. Mais, dans le monde des intelligences, là où l'esprit règne, là où le pouvoir se meut, l'intolérance est morte, bien morte; et quelques bigots protestants s'agitent en vain autour du cadavre.

Le 3 mars 1865, ce même M. Whalley se leva, dans la Chambre des communes, pour Texciter contre les catholiques. Comment fut-il accueilli par elle?

Certes, le moment était bien choisi. Un jour sinistre était tombé sur les empiétements du catholicisme et le caractère de son influence. La révolution religieuse essayée, dès 4833, à Oxford, citadelle de l'orthodoxie protestante, reprenait son cours. Intimidé d'abord et désarmé par le soulèvement formidable qu'avait causé Vagression papale de 1850, le Tractarianisme se remettait à l'œuvre. 11 revivait, — on n'en pouvait douter, — l'esprit qui avait dicté ces brochures hardies, ces Tracts for the timeSy où le docteur Pusey et ses adhérents d'alors, Newman, Palmer, Keble, Perceval, demandaient

que la lecture de la Bible fût retirée aux laïques; que la coQsécration et Tordination fussent réservées aux évêques; que la croyance au purgatoire cessât d'être regardée comme une superstition ; qu'on en revînt à Tadoration des saints; que là confession auriculaire fui remise en honneur; que la messe fût rétablie. Dans an congrès ecclésiastique, tenu à Bristol, on avait vu monter sur l'estrade, vêtu d'une longue robe noire et la tète presque entièrement rasée, un membre de l'Église anglicane qui, sous le nom de frère Ignace, entreprenait de réconcilier le protestantisme avec la vie monastique, avait fondé un monastère et prêchait le célibat. Il est vrai que c'était un Pierre l'Hermite de contrebande, et que son apostolat, qui devait finir d'une manière bouffonne, s'annonçait comme une bouffonnerie. Mais il n'en était pas moins parvenu à grouper autour de lui des fidèles; et ce qui donnait une sorte de physionomie sérieuse à ses prédications, c'était le désir, publiquement exprimé, par i'évêque protestant de Salisbury, que des refuges fussent ouverts aux membres du clergé, contre le monde et ses préoccupations profanes. On avait vu aussi se promener, le long du Stand, des hommes en robe, portant un chapeau d'une forme particulière et marchant pieds nus. Ceux-là n'entendaient pas, comme frère Ignace, ranimer Tordre des bénédictins, cet ordre fameux qui, lors de la dissolution des couvents en Angleterre, s'y trouvait re* présenté par cent treize abbayes, prieurés et monastères, jouissant de 57 894 livres sterling de revenu : non, leur ambition, à eux, était de rétablir ici la congrégation fondée à Rome, en 1550, par Philippe Néri. Or, en attendant que du milieu d'eux sortissent des Malebranche, des Massillon, et dans leur ardeur à convertir les jolies pécheresses protestantes de Brompton, quartier des femmes déclassées, ils avaient encouru des accusations graves. Un d'eux, un jeune homme, avait soustrait à la vigilance

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