‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 61 sur 106 · M. JOHN STUART MILL ET H. BRIGHT · texte numérisé non relu

M. JOHN STUART MILL ET H. BRIGHT

13 août.

Pourquoi faut-il que, dans son dernier discours à Manchester, H. Bright se soit séparé de M. John Stuart Hill, et cela, il faut bien le dire, brutalement?

Ne pouvait-il se prononcer contre le principe de la représentation des 'minorités, sans tourner ce principe en ridicule comme ayant sa source dans les rêveries de certains cerveaux débileSy dans les divagations d'un génie excentrique?

Ne pouvait-il développer les idées qui lui sont propres, sans dénoncer celles d'un des plus lumineux esprits de notre époque, comme puisées dans les abîmes où les intelligences spéculatives aiment à se plonger?

Ne pouvait-il se dispenser de dire, en parlant d'une clause approuvée par les membres les plus éclairés et les plus sincères du parti libéral : Quiconque adopte cette clause doit nécessairement perdre la confiance de tout ami de la réforme et de la liberté ?

Devait-il oublier enfin avec quelle chaleur M. John Stuart Mill, devenu son collègue, l'avait appuyée dans la Chambre des communes ?

Comment! voici deux hommes que leur alliance rendrait invincibles; ils sont également dévoués à la cause du peuple; ils apportent au service de la démocratie des facultés diverses, mais également puissantes et qui se complètent : l'éloquence irrésistible et la pensée féconde, ce qui embrase les passions et ce qui les élève ; l'un est un

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