ÉTRANGE MARASME. ~ SES CAUSES
6 septembre.
Le trait le plus caractéristique de la situation en Angleterre, est, en ce moment, la dépression générale des esprits, et, par suite, la stagnation des affaires. Une sorte de défiance invincible semble s'être emparée des âmes. Plus d'entreprises industrielles, plus d'aventures commerciales. Le capital surabonde, et cependant il fuit l'emploi, loin de le chercher. L'intérêt de l'argent a beau être aussi bas que possible, les emprunteurs ne se présentent pas; et les prêteurs, de leur côté, aiment mieux laisser chômer leur argent que de le risquer. Si les consolidés ont dépassé le chiffre de 94 et paraissent à la veille de ne plus rapporter que 3 p. 100, si le 5 p. 100 est recherché avec un empressement qui l'a fait monter au delà de 113, c'est parce que l'argent, devenu craintif à l'excès et affamé de sécurité, se détourne partout du travail, et va demander refuge aux fonds qui offrent, à défaut d'un bon intérêt, des garanties rassurantes. La spéculation est décriée à un point qui ne s'est jamais vu. On a oublié que c'est elle qui découvre où gît la richesse, la met en mouvement, la féconde; que c'est elle qui possède l'art de créer de nouveaux besoins et découvre des combinaisons pour les satisfaire; qu'elle connaît le secret de réveiller en sursaut les fortunes endormies; qu'elle centuple la puissance de la production, par des procédés sans nombre, par mille innovations ingénieuses et hardies. En revanche, on se rappelle que ses