EN ANGLETERRE
29 septembre.
Chose douloureuse à penser et à dire : l'arrestation de Garibaldi a été généralement approuvée en Angleterre!
Serait-ce qu'il a perdu son prestige, ou qu'à son égard ^ les sentiments du peuple ont changé, depuis le jour fa-* meux où il fut reçu dans Londres comme le plus noble des héros, comme un bienfaiteur des hommes, presque comme un demi-dieu? Non : il continue de régner ici sur les cœurs, et, même par ceux qui prennent leur parti de son arrestation , son nom n'est prononcé qu'avec un respect mêlé de tendresse.
Serait-ce qu'aux yeux des Anglais, la convention de septembre constitue un pacte tellement sacré, qu'en souffrir la violation eût été, de la part du minisire de Victor- Emmanuel, déshonorer l'Italie? Mais Tllalie n'est pas devenue ce qu'elle est sans que maint engagement ait été rompu, sans que mainte brèche ait été faite à la foi des traités. Ce n'est pas, que je sache, en vertu des traités que Victor- Emmanuel gouverne toute Tltalie, moins Rome. Ce n'était pas au nom des traités que Garibaldi agissait, lorsque, aux acclamations de l'Angleterre ravie de joie, il abordait à Marsala, le 12 mai 1860; lorsque,