L'INTERVENTION FRANÇAISE EN ITALIE ET LES ANGLAIS
25 octobre.
Les nouvelles d'hier avaient causé ici une sensation profonde. Celles d'aujourd'hui sont accueillies avec une émotion non moins vive, quoique d'un caractère tout autre.
Lorsque, hier, le bruit a couru que l'intervention en Italie était décidée, que la flotte de Toulon allait partir, un grand cri s'est élevé, — cri d'étonnement, de douleur, de colère, de réprobation. Quoi! l'or et le sang de la France allaient être employés à détruire ce que l'or et le sang de la France avaient été employés à créer! quoi! les vainqueurs de Solferino n'avaient fait de l'Italie une puissance indépendante que pour se jouer de son indépendance et essayer de la lui ravir! ils n'avaient acquis à sa reconnaissance un titre qui semblait impérissable , que pour changer l'amitié en haine, la gratitude en fureur! Par quelle inspiration impossible à comprendre le gouvernement impérial se précipitait-il, tête baissée, dans les embarras d'une seconde occupation de Rome, après Tex-