‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 93 sur 106 · LA PROCESSION DU LORD MAIRE EN · texte numérisé non relu

LA PROCESSION DU LORD MAIRE EN

13 novembre.

Que nous resle-t-il de votre éclat; ô gloires Iradilionnelles du 9 novembre? sommes-nous condamnés à ne plus vous revoir, ô splendeurs de la procession du lord maire? Sauvages couverts de poils à ceinture de feuilles vertes, qui, du temps d*AnneBoleyn, protégiez la marche du cortège, en brandissant de lourdes massues; hommes masqués qui faisiez faire place, à Taide de pétards ; majestueux mannequins de quinze pieds de haut, qui, dans la procession de 1837, figurâtes si bien ces colossales statues de Gog et de Magog, l'orgueil de Guild-Hall; porte-enseignes de la compagnie des marchands de poisson, de la compagnie des fabricants de lunettes, et de toutes les compagnies imaginables; bateliers en habits rouges; pesants guerriers logés dans des armures de carton recouvert de tain; qu'ètes-vous devenus? Hélas! hélas! qu'étesvous devenus?

Depuis le règne d'Henri III; depuis l'année 1251, époque où le premier maire de la cité de Londres se rendit processionnellement à Westminster, pour y prêter serment entre les mains des juges et les inviter à dîner, il y avait eu bien des révolutions par delà Temple -Bar; mais^ loin de branler ou de noircir l'édifice, chacune d'elles semblait avoir pris à tâche de l'agrandir et de l'orner.

Voyez plutôt :

En 1354, Edouard III confère au maire de Londres le titre de lord.

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En 1453, John Vorman imagine de se rendre à Westminster le long de la Tamise, dans un magnifique canot de parade aux rames d'argent, le tout à ses frais; et, depuis lors, jusqu'au 9 novembre 1856, c'est-à-dire pendant quatre cents ans, la procession par eau est, chaque année, le spectacle favori de Londres.

En 1711, le lord maire et les shériffs, qui jusqu'alors avaient coutume de partir de Guild-Hall à cheval, se passent le luxe d'une voiture.

En 1757, la voiture se transforme en tin énorme coche (Ju'on acheté 25 000 francs, qu'ori charge d'or et qu'on doiitte à tralnet* à six chevaux richement caparaçonnés.

Plus tard, aut pompes dé la procession par terre vient ^'ajouter l'imposante figure d'un « champioù > armé de pied en cap.

Bientôt, on trouve que c'est ti'op peu d'un guerrier, et l'on fait passer devant la foule émerveillée des cavaliers revêtus de cottes de mailles, représentant les différents métaux : l'or, l'argetit, l'airain, le fer.

Puis les deux géants Gog et Magog font leur apparition sur la scène.

Que vous difài-je? de progrès eri progrès, les choses en étaient venues ati point que la procession du lôrd maire, le 9 novembre, ne le cédait, parbleu! pas à là fête parisienne du bœuf gras.

Mais, dans ce xix* siècle où rioiis sortîmes, l'esprit de révolution ne respecte rien. Que n'écraSe-t-îl pas sur son passage, semblable au char du dieii Wichnou dans les. fêtes de Jaggernaut? Il à donc fini par passer sur la procession du lord mairfe, ce char terrible, en attendant qu'il passe sur la corporation de Londres elle-même, ce qui ne tardera guère, j'en ai peur.

C'est une lamentable histoire. Laissez-moi vous la raconter.

Quelques jours avant le 9 novembre dernier, des ru-

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