‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 98 sur 106 · UNE LETTRE DE L'EMPEREUR D'ABYSSINIE · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE L'EMPEREUR D'ABYSSINIE

sinie )), et dans lequel on trouve le texte de ses instructions avec la signature, parfaitement authentique, de lord Russell au bas. Or ce texte nous apprend qu*au nombre des devoirs imposés au capitaine Charles Duncan Cameron, figurait celui a d'avoir Tœil sur tous les actes de nature à modifier Tétat de possession, soit sur la côte, soit dansTinlérieur du pays i>. D'ailleurs, il résulte d'une déclaration de Théodore lui-même que, ayant écrit à la reine, il s'attendait à l'honneur d'une réponse; que son impatience de la recevoir était extrême, et que son désappointement à cet égard, bien vite changé en fureur, a été la cause de tout le mal. Mais M. Layard est si peu d'avis que la déclaration dont il s'agit doive être comprise dans ce sens, qu'il n'a pas hésité à en donner lecture pour prouver son dire. Il est vrai que la Chambre a beaucoup ri.

Sur un autre point, ce pauvre M. Layard a peine à se défendre. Quand la nouvelle parvint en Angleterre que Théodore, offensé, avait mis plusieurs Anglais en prison et qu'il refusait de les rendre, on pensa très sagement qu'il vivait si loin, si loin, que le bras de l'Angleterre, quelque long qu'il soit, pouvait bien ne pas l'atteindre. Et puis, à le prendre de haut avec une mauvaise tête, il y avait ce danger, que la menace ne fît mettre à mort ceux que précisément on voulait sauver. On imagina donc d'adoucir le tigre en lui passant la main sur le dos. On lui envoya bonnes paroles et cadeaux par un M. Rassam. Mais qu'était-ce que M. Rassam? L'empereur d'Abyssinie a montré, du reste, que la susceptibilité compte parmi ses vertus. Il se croit de la catégorie des dieux mortels, et pourquoi pas? il ne plaisante point sur le chaptire important de l'étiquette. Il importait cependant que l'envoyé qu'on lui dépêchait eut quelque chose de la dignité d'un ambassadeur. M. Rassam avait-il cela, lui? C'était M. Layard qui l'avait choisi, et d'aucuns prétendent qu'il

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