POLITIQUE SUPPOSÉE DU NOUVEAU MINISTERE
La grande question du jour en Angleterre est, comme on le pense bien, celle qui se rapporte à la formation, à la composition et à la politique supposée du nouveau mi« nistère. Je dis nouveau, parce qu'il est tel en effet, avec lord Palmerston de moins et lord Clarendon de plus.
Qu'il n'y ait pas eu remaniemefit du cabinet à la mort de lord Palmerston, on le conçoit de T«ste. Battus dans les dernières élections, les oonservatistes n'étaient pas prêts pour le pouvoir. Il n'y avait guère de possible en ce moment qu'un ministère whig, et le seul chef possible d'un semblable ministère, c'otait Iwd Russell.
Non que lord Russell soit, par la hauteur de son intelligence ou l'éclat de sa popularité, l'homme nécessaire xle la situation : loin de là. En fait de tal^t, M. Gladstone lui est très supérieur; «t, quant à sa popularité, ell« ne consiste que dans le rcapect sincère^ mais froid, qu'inspire généralement son caractère.
Il n'est pas, d'ailleurs, sans avoir. commis de grandes fautes, sans avoir encouru de graves reproches. On n'a pas oublié de quelle manière, abandonnant ses collègues et presque trahissant «es amis, il renversa le cabinet de lord Aberdeen par cette déclaration que la guerre de Crimée avait été mal conduite et que c'était un tort injustifiable. On se rappelle les tristes résultats de sa mission à Vienne. On ne sait jusqu'à quel point on peut compter sur son zèle pour la réforme parlementaire, zèle de-