‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 111 sur 117 · MESSAGE DU PRÉSIDENT JOHNSON · texte numérisé non relu

MESSAGE DU PRÉSIDENT JOHNSON

EFFET PRODUIT EN ANGLETERRE PAR LE MESSAGE DU PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS.

20 décembre.

Quelques jours se sont écoulés déjà depuis l'arrivée du message du président des États-Unis. J'ai donc eu tout le temps nécessaire pour bien étudier l'impression produite, et je ne crois pas me tromper en disant que ce message a excité ici un sentiment d'admiration plus vif que les Anglais n'auraient voulu le ressentir ou avoir à l'avouer.

Le culte que le président Johnson professe pour la constitution des États-Unis;

La conviction profonde et presque religieuse qu'il exprime touchant la sagesse de cette constitution, sa portée sublime, sa pérennité ;

Les motifs par lesquels il justifie l'adoption d'une politique de reconstruction contraire au maintien de la loi militaire dans les États ramenés sous l'étendard de l'Union ;

Ce qu'il y a d'habile et de fier à la fois dans sa manière de regarder la sécession comme ayant placé les j^tats dans une condition de léthargie, mais non de mort;

.L'imposante énumération qu'il présente des ressources inépuisables de .son pays ;

Les considérations élevées sur lesquelles il fonde la légitimité des réclamations du gouvernement fédéral à l'égard de l'Angleterre, et, sur ce point délicat, la fermeté calme, courtoise même, de son langage;

Les réticences redoutables et le laconisme étudié qui marquent son affirmation de la doctrine Monroe;

Enfin, le magnifique tableau qu'il trace, en terminant, de la prospérité matérielle, de^ la puissance politique et de la grandeur morale dont les États-Unis sont redevables à l'excellence de leurs institutions :

Tout cela ne pouvait manquer d'émouvoir fortement, et a en effet fortement ému les Anglais.

Que cette émotion ait été tout à fait exempte d'amertume, je n'oçerais l'affirmer. Les Anglais sont très fiers de leurs institutions ; ils les jugent dignes d'être proposées à Timitation des autres peuples; ils oe sont pas loin de les croire destinées à faire le tour du globe. Vous devinez ce qu'ils ont dû éprouver, en lisant dans le message présidentiel des phrases comme celle-ci : « Maintenant qoe notre union a été purifiée par la douleur, fortifiée par la lutte et établie par la vertu du peuple, la grandeur de l'occasion nous invite à répéter une fois àe plus avec solennité la promesse de nos pères : de nous considérer -comme responsables devant l'humanité du succès de la forme républicaine du gouvernement. D'autres nations ont été épuisées par les guerres civiles pendant des années, avant d'avoir constitué leur unité ; la conviction latente que notre forme de gouvernement est la meilleure qui soit au monde nous a permis de sortir de la guerre civile après quatre années, en affirmant l'autorité constitutionnelle du gouvernement général, sans avoir perdu nos libertés locales ou nos institutions d'État. x>

On conçoit qu'une affirmation aussi péremptoire de la supériorité des institutions américaines sonne mal aux oreilles d'un peuple qui voit le necplus ultra de la sagesse politique dans une combinaison graduelle de l'élément démocratique arec l'élément monarchique et l'élément aristocratique.

Cependant, il est bien forcé de reconnaître, ce peuple,

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