MESSAGE DIT PHÉSIDENT JOHNSON
que les États-Unîs n'ont eu besoin ni de la monarchie ni de Taristocratie poua? en venir à présenter le plus étonnant spectacle qui ait jamais été donné aux hommes. Après .s'être développée par les arts de la paix avec une rapidité et dans des proportions qui tiennent du prodige, la nation américaine ne s'est-elle pas trou-vée être, du jour au lendemain et conume par enchantement, une nation militaire du premier ordre? Quelle formidable épreuve à traverser que celle d'une guerre civile^ qui a ouvert l'abîme que vous savez, cet abîme où tant de trésors tont disparu engloutis, et qu'il a fallu tant de cadavres pour combler!
Or il arrive qu'au sortir de cette crise sans exemple, la grande république transatlantique, loin de paraître épuisée, se montre plus jeune, plus forte, plus vivace, plus assurée de son avenir que jamais I
Faire honneur à la constitution seule de tous les résultats qui se sont produits sous son empire, ee serait aller trop loin, je l'accorde.
Si, comme le président Johnson le constate avec orgueil, la population, aux États-Unis, se multiplie quinze fois dans l'espace d'un siècle, sans néanmoins pouvoir tenir pied à l'accroissement de la richesse, cela s'explique en partie par l'influence d'un climat propice, et par celle d'un sol fertile.
Si le travail, aux États-Unis, reçoit une rémunération digne de son importance, c'est parce que la concurrence n'y est pas resserrée dans un cercle étroit, impossible à ' élargir.
Si les Hvages des États-Unis sont encombrés d'émigrants accourus de tous les points du globe, c'est parce qu'il y a là pour eux un vaste domaine à exploiter fructueusement, et que des millions de francs tenanciers peuvent s'y caser à peu de frais.
Mais la liberté dont on jouit, au delà de l'Atlantique; mais l'habitude où chacun y est de porter la tête haute;
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mais le respect qu'ony a pourles franchises de ia pensée; mais ce qui permet à tous les genres d'activité de s'\ donner carrière; mais ce qui y rend Timage de la patrie "^ aussi incessamment présente à Tesprit du dernier des artisans qu'à celui du chef de l'État; mais ce qui fait vivre littéralement chacun de la vie de tous ; voilà ce qui relève d'une manière directe des institutions politiques. Et c'est grâce à cela que le gouvernement des Etats-Unis, quand d'affreux déchirements sont venus mettre sa vitalité à l'épreuve, «ta maintenu son autorité au milieu de périls, d'afflictions et de crises qui auraient anéanti tout système moins fortement ancré dans le cœur du peuple î>.
Il est très vrai que l'unité reconquise a maintenant besoin d'être consolidée; il est très vrai que la guerre civile a laissé derrière elle des contrées presque changées en déserts, une dette énorme et des ressentiments d'autant plus vifs peut-être qu'ils sont réduits au silence ; il est très vrai qu'il reste beaucoup de questions à résoudre, une armée à licencier avec prudence, les finances à rétablir, les rapports entre le gouvernement fédéral et les États à asseoir sur des bases durables, et une nouvelle classe d'hommes que repoussent des préjugés invétérés à élever au rang de citoyens^ Ce sont là, sans aucun doute, des embarras considérables; mais, quand le Times en prend texte pour s'abandonner à des prédictions peu rassurantes; quand il se plaît à signaler la diversité des conditions et des circonstances dont il faudra qu'en Amérique le principe d'unité triomphe; quand il insiste sur la multiplication des obstacles que cette diversité ne 'manquera pas d'opposer à l'Union, à mesure que ses conquêtes éloigneront les extrémités du centre, le Times oublie qu'il a perdu le droit de se poser en prophète de malheur.
Au plus fort de la guerre civile, alors que, déployant une énergie sauvage, une volonté de fer, et des ressources inattendues, les confédérés remportaient victoires sur