‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 24 sur 117 · ET L'AVARE AGHERON NE LACHE PAS SA PROIE · texte numérisé non relu

ET L'AVARE AGHERON NE LACHE PAS SA PROIE

28 mars.

Dans mon avant-dernière lettre, je vous disais :

Qu'un Italien nommé Pelizzoni avait été ici solennellement condamné à mort comme atteint et convaincu d'àvoir tué d'un coup de poignard, dans une n\ey un Anglais nommé Harrington;

Que les preuves contre lui avaient paru absolument décisives;

Que cependant elles avaient été, depuis, reconnues fausses et trompeuses;

Que le vrai coupable était venu se dénoncer lui-même, au moment où l'innocent allait être pendu;

Qu'un second procès avait eu lieu;

Que le meurtrier avait été condamné sur son propre témoignage, corroboré par celui de son frère et de nombreux témoins;

Qu'il n'avait été, toutefois, condamné qu'à cinq ans de servitude pénale pour le même crime que, sans son aveu, un de ses compatriotes aurait eu à expier par une mort infamante;

Qu'ainsi l'échafaud élevé par un premier jury avait été renversé par un second jury, et un premier verdict formellement contredit par un second verdict : nouvelle et tragique démonstration de la faillibilité des jugements! Argument de plus à ajouter à tous ceux qui militent

Page 1