ET L'AVARE AGHERON NE LACHE PAS SA PROIE
28 mars.
Dans mon avant-dernière lettre, je vous disais :
Qu'un Italien nommé Pelizzoni avait été ici solennellement condamné à mort comme atteint et convaincu d'àvoir tué d'un coup de poignard, dans une n\ey un Anglais nommé Harrington;
Que les preuves contre lui avaient paru absolument décisives;
Que cependant elles avaient été, depuis, reconnues fausses et trompeuses;
Que le vrai coupable était venu se dénoncer lui-même, au moment où l'innocent allait être pendu;
Qu'un second procès avait eu lieu;
Que le meurtrier avait été condamné sur son propre témoignage, corroboré par celui de son frère et de nombreux témoins;
Qu'il n'avait été, toutefois, condamné qu'à cinq ans de servitude pénale pour le même crime que, sans son aveu, un de ses compatriotes aurait eu à expier par une mort infamante;
Qu'ainsi l'échafaud élevé par un premier jury avait été renversé par un second jury, et un premier verdict formellement contredit par un second verdict : nouvelle et tragique démonstration de la faillibilité des jugements! Argument de plus à ajouter à tous ceux qui militent