‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 73 sur 117 · PHYSIONOMIE DBS ÉLECTIONS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE DBS ÉLECTIONS EN ANGLETERRE

Qu'il se montrât un peuple pour lui faiie connaître ses opinions et ses sentiments, ce serait à merveille, si tel était le résultat obtenu ; mais non : l'infortuné orateur n'a pas plus tôt ouvert la bouche, que sa voix est impitoyablement étouffée par les clameurs et les grognements des amis ou partisans de son adversaire ; il a beau implorer le silence par ses regards et par ses gestes; le tumulte continue et Ta croissant jusqu'à ce qu'il sechange en tempête. Pas un discours qui ne soit, presque à chaque phrase, interrompu par des hurlements. On siffle, on imite le cri de divers animaux. Étrange mode de communication mentale! Édifiant échange d'idées au moyen de la parole! Sans compter que souvent, on passe des clameurs aux voies de fait, ce qui tend à dégrader et ceux qui s'y livrent et ceux qui s'exposent à les subir.

A quelle abdication de sa dignité d'homme n'est pas réduit à descendre celui qui, pour avoir le privilège d'écrire à la suite de son nom les majuscules M. P., se résigne à recevoir des pommes cuites et à être mis en fuite couvert de suie? Au prix de quelles humiliations il faut l'acheter, cette victoire, quand on la remporte ! et combien, quand on s'est fait si petit pour arriver à se grandir, la défaite doit être difficile à porter!

Ce n'est pas que les pratiques dont il s'agit n'aient eu leur raison d'être quand elles ont été établies. A l'époque ou les public meetings étaient rares, où la presse à bon «larché n'existait pas, où le peuple lisait peu, l'apparition du candidat sur les hustings était chose à peu près inévitable par lesraisons diamétralement opposées à celles qui font qu'elle est aujourd'hui superflue.

Autre remarque bonne à méditer. Les émeutiers, dans les élections, ne sont pas les électeurs, ceux dont on enregistre les volontés : le désordre vient généralement de ceux qui n'interviennent dans l'affaire qu'au moyen de ce vote préliminaire et de pure forme : le vote par mains levées;

SS0 DIX AM6 DIS L'HISTOIRE D'ÂNGLirTEHRE.

et Ton sait que le vote par mains leTées ne compte pas, dès que lepoZJest demandé, ce qui arrive toutes lesfoisqu'ily a des opposants, n'y en eût-il qu'un seul. Le vote parmams

levées est le droit de suffrage de ceux qui n'en €^At pas

Or, les emportements dont cette ioule des exclus se rend coupable, ne tiendraient-ils point d'aventure à Texelusion doni elle est frappée ! La façon violente dent les non-électeurs cherchent à exercer leur influence, ne dériverait-elle pas paréciséme^nt de oc qu'ils ne sont point admis à influer régulièrement, effectivement, sur la inarcbe des affaires publiques! Celui qui s'imagine faire aete de citoyen en jetant une pierre, tomberait-nil dans cette déplorable erreur, s'il pouvait faire acte de citoyen en donnant son vote? C'est à quoi les hommes d'État de ce pays feraient bien de réfléchir.

CHARLOTTE WINSOR.

6 août.

Lesquels ont eu tort, lesquels ont eu raison, des pays, protestants, qui, tels que l'Angleterre, la Prusse, la Suède le Danemark, la Hollande, l'Amérique du Nord, ont coftdamné l'institution des hospices d'enfants trouvés, ou des

fays catholiques, qui, tels que la France, la Belgique, Italie, l'Espagne, le PortugaJ, la Bavière, l'Autriche, ont Jugé cette institulion nécessaire?

Faut-il bénir ou maudire celles des lois de la révolution française qui assurèrent des secours aux filles-mères, et ouvrirent tous les hospices de France au dépôt des enfants trouvés?

Page 1