LE CRIME ET LA PESTE
SOnott.
La vie est sombre ici pour ceux qui se préocoupent Ai lendemain»
L'avenir du monde »oral se présente aux esprits sérieux sous un aspect qui est loin d'être rassurant. Les crimes se succèdent, j'allais dire ils i;'aooumident, avec une rapidité qui donne le frisson. C'est un médecin qvi empoisonne sa belle*mère et se sert de sa scîeace poar faire mourir sa femme à petit feu; c'est une még^e qy!o^
LE CRIME ET hK PESTE- W
découvre se livrant au crime de l'infanticide e4 tuant à tant par tête les enfants dont leurs mères tiennent à se débarrasser; c'est un Lacenaire anglais qui entre eu guerre contre la société en égorgeant toute une famille et qui fait la roue^ l'imbécile, en attendant qu'on le pende ; c'est un soldat qui assassine son capitaine; c'est un plâtrier qui, rencontrant sa femme en pleine rue^ et ea plein midi, tire un rasoir de sa pocbe et lui coupe la gorge. Chaque malin, à leur déjeuner, ceux que tourmente une curiosité malsaine, peuvent, en jelant les yeux sur leur journal, y savourer l'horreur de quelque tragédie nouvelle. Hier encore, on lisait dans toutes les feuilles publiques la confes*sien détaillée de miss Constance Kent, et Ton apprenait comment, sans autre but que de déchirer le cœur de sa belle-fflère, une jeune fille de seize ans s'était trouvée capable d'aller prendre dans son berceau un tout petit eniaiit contre qui elle n'était animée d'aucun sentiment de haine, et comment elle l'avait égorgé, et comment elle avait laissé planer sur son père lo soufÇQXk lié à ce meartre épouvantable.
Voilà pour le monde moral.
Quant au moode physique, quelles sont ses perspectives?
Le choléra n'es^ pas encore arrivé, mais on regarde comme inévitable la visite de cet hôte terrible. £n tout cas, si les kommes doivent par impossible échapper au danger d'être mis en coupe réglée, la peste les attaque en «'abattant sur les animaux. L'affreuse épizootie d^nt je vous ai déjà parlé va se répandant de proche «n proche et multipliant ses ravages. La métrop€>le entretient de 16 à 1<8 mille v»ches laitières, distribuées entre quarantecinq paroisses ou districts. Eh bien, sur ce nombre, qui est considérable, la mortalité est déjà énorme, et, comme on ne connaît encore bien ni la nature du mal, ni par conséquent celle du remède à af pliqaer, nul ne sait ou
le fléau s'arrêtera. Voici quelques chiffres extraits dn Médical Times* Le nombre des vaches atteintes par répidémie paraît avoir été jusqu'à présent : dans le district de Marylebone, de 279; dans celui d'Holborn, de 39; dans celui d'Harapstead, de 125; dans celui de Saint- Paneras, de 140; dans celui de Clerkenwell, de 727 : dans celui de Mile End et Saint-George's East, de 60, dans celui de Clapham, de 25; dans celui de Lambeth, de 24; dans celui de» Saint-John Southwark, de 35, etc., etc. Vous pouvez juger d'après cela de la mortalité! Et notez bien que les nourrisseurs, aux déclarations desquels il faut se fier, ont intérêt à atténuer le mal le plus possible dans leurs rapports. À ce qu'ils disent^ ajoutez ce qu'ils craignent de dire.
La province, dans ce désastre, ne pouvait guère se flatter d'être épargnée. Je crois avoir déjà donné le nom de quelques comtés que le fléau a gagnés : des dernières nouvelles reçues, il résulte qu'il s'est déclaré à Leeds et tend à envahir le Yorkshire.
De là le meeting de vétérinaires tenu à Leeds avanthier. On y a beaucoup parlé de V honneur de la profession, qui risquerait d'être compromis sans retour si, au lieu de placer les animaux malades dans des établissements sanitaires et d'essayer de les guérir, on se contenrait de les tuer.
C'est sous l'empire de la même idée; c'est pour demander qu'on dote la métropole d'établissements de ce genre, qu'hier une députation d'hommes spéciaux s'est rendue au ministère de l'intérieur, conduite par le lord maire. Sir George Grey était absent, il prend ses vacances, à Falloden, la députation a été reçue par M. Waddington, qui a promis d'en référer au ministre. Malheureusement, le pouvoir de guérir et le désir de le faire sont deux.
Or, jusqu'à ce que le désir ait engendré le pouvoir, la situation menace de devenir insupportable. Le prix de la