‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 83 sur 117 · Constitutional History of England, t. II, p · texte numérisé non relu

Constitutional History of England, t. II, p

L'agitation qu'elle entretenait, sous l'inspiration d'hommes tels que Shiel et O'Connell, était légale sans doute; elle n'en appelait à d'autre force que celle de Tassocialion pacifique; elle n'employait d'autre arme que la parole; elle ne prétendait pas viser à la subversion de l'État; en demandant l'abrogation de lois qui refusaient la jouissance des droits civils aux cinq sixièmes de la population irlandaise, elle n'allait pas au delà des vœui exprimés par les hommes d'Etat les plus éminents de l'Angleterre : j'accorde tout cela. Mais n'était-ce pas le sentiment de l'indépendance nationale qui grondait au fond des cœurs? N'était-ce pas en réalité à ce sentiment que s'adressait O'Connell lorsque, en 1843, il écrivait au peuple Irlandais : « Hommes d'Irlande, simplifiez votre foi politique; elle doit consister tout entière en ceci : 1° Que le rappel de l'union est le seul remède possible aux maux de l'Irlande ; 2° qu'il est en votre pouvoir d'obtenir le rappel de l'union, si vous avez le patriotisme de le vouloir, et si vous savez vous concerter dans ce but? » Déjà, en 1782, le célèbre Grattan avait formulé sa profession de foi dans les termes que voici : « En dehors du roi, des lords et des communes d'Irlande, il n'est pas de puissance au monde qui ait le droit de faire pour elle des lois dont le caractère soit obligatoire. » Qui pourrait ne pas reconnaître, en de telles paroles, le sentiment d'une nationalité qui n'abdique pas?

Et l'on se tromperait fort, si l'on croyait qu'il ne reste plus rien en Irlande du sentiment qui les dictait. Il y a un an à peine, dans un banquet qui lui était donné à Cahirciveen, un personnage parlementaire, M. O'Donoghue, excitait une scène de frénétique enthousiasme, en s'écriant : « Le but à atteindre, c'est l'indépendance du pays, ni plus ni moins. » Tout récemment encore, dans un meeting tenu à Dublin, au sujet de l'importation du bétail anglais, que repoussait vivement l'Irlande, par

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