‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 92 sur 117 · A PALMERSTON · texte numérisé non relu

A PALMERSTON

24 octobre.

Bientôt il n'y aura plus un seul grain d'encens à brûler

dans les cassolettes qui fument depuis le 18 octobre en rhonneur de lord Palmerston. On a épuisé pour lui, en Angleterre, le vocabulaire des éloges. Les Anglais, à l'occasion de sa mort, ont répété en chœur ce que, dans son dernier discours, sir Robert Peel avait dit de ce personnage, désormais fameux : Nom sommes tous fiers de lui»

Vous Tavouerai-je, je ne puis m'empècher de sourire au spectacle de ces élans d'admiration universelle. Ils ne m'étonnent qu'à demi, toutefois. Les hommes sont ainsi faits qu'il leur faut des idoles; et les hommages rendus à la mémoire de lord Palmerston n'ont rien dont on doive, après tout, se montrer surpris, quand on songe qu'en 1807, il était nommé Junior lord de V Amirauté; que sa carrière ministérielle n'a eu que de très courtes interruptions, et que, par conséquent, il se présente à l'imagination de ses contemporains, entouré du prestige que donne l'exercice du pouvoir pendant près de 60 ans !

N'était-ce pas, d'ailleurs, un esprit fin, une intelligence remarquablement lucide, un discoureur jovial, un aimable homme du monde, un bon enfant, que ce ministre qui a eu la main dans tous les grands événements de ce siècle?

Pardonnons à l'innombrable troupeau humain de savoir ce que lord Palmerston a été et d'ignorer ce qu'il a fait.

Ce qu'il a fait! Ce serait une longue histoire à rappeler, vraiment. Je n'en mettrai sous les yeux de mes lecteurs que les traits qui peuvent les aider à juger si, pour les pays situés comme la Belgique, la mort de lord Palmerston est un légitime sujet de deuil. Je me bornerai donc à peindre ici lord Palmerston comme ministre des affaires étrangères, comme diplomate, et j'examinerai si, en le perdant, les nations opprimées ou exposées à être en-

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