‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 93 sur 117 · MORT DE PALMERSTON · texte numérisé non relu

MORT DE PALMERSTON

vahies, ont perdu un protecteur qui leur eût donné le droit de compter sur lui.

Ce fut au mois de novembre 1830 que Henry-John Temple, vicomte Palmerston, fut nommé secrétaire d'État pour les affaires étrangères, dans l'administration du comte Grey, qui remplaçait celle du duc de Wellington. De 1807 à 1809, il avait pris part aux affaires en qualité de Junior lord de V Amirauté; de 1809 à 1828, ilavait occupé le poste, non pas de ministre de la guerre, mais de secrétaire au département de la guerre (secretary at war) ; ce fut dans l'année célèbre qui vit Louis-Philippe porté sur le trône par une révolution, que lord Palmerston eut charge de diriger les rapports de l'Angleterre avec l'Europe.

Il avait une grande expérience de la politique, ayant ^écu de la vie officielle sous six administrations successives, celles du ducdePortIand, de M. Spencer Perceval, de lord Liverpool, de M. Canning, et de lord Goderich, toujours debout quand ses collègues tombaient, immuable ^uand le pouvoir changeait de mains! Un événement considérable ne tarda pas à mettre à l'épreuve son habileté : la Belgique se détacha violemment de la Hollande, et les puissances eurent à se préoccuper des conditions auxquelles son indépendance devait êlre reconnue et établie pour laisser intacte ce qu'on appelait la balance des pouvoirs.

La conduite de lord Palmerston, dans cette circonstance, fut-elle dictée soit par le respect des traités, soit par l'amour de la justice? Non !

Il débuta par considérer les traités de Vienne comme ï^oft avenus. Ce n'est pas certes que ces traités fussent frès respectables : Dieu me garde d'absoudre la théorie tnsolenle en vertu de laquelle les gouvernements disposent des peuples ainsi que d'un vil bétail ! Mais, d'une pari, le crime d'État commis à frais communs par les

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grandes puissances en 1815, lord Palmerston n'était pas sans y avoir contribué, puisqu'il était membre ea 1815 de l'administration de lord Liverpool et collègue d'un de ceux qui, à cette époque, avaient livré la Belgique aux Hollandais ; et, d'autre part, on ne peut pas prétendre qu'en se déclarant en faveur de Tindépendance de la Belgique en 1830, lord Palmerston voulait réparer une des injustices de 1815; car nous le trouvons plus tard invoquant l'inviolabilité des traités de Vienne, pour le compte de la Russie et le malheur de la Pologne.

Ce ne fut pas non plus la question d'équité qui le toucha dans le soulèvement de la Belgique ; car si les Belges étaient dans leur droit en secouant le joug de la Hollande, les Polonais étaient dans leur droit, eux aussi, en cherchant à s'affranchir de la domination des Russes. D'où vient donc qu'après avoir soutenu les premiers, lord Palmerston abandonna les seconds? La réponse à cette question est bien simple : il n'y avait nul danger à tenir tète à la Hollande, avec'le concours de la France, de la Russie^ de r Autriche et de la Prusse; mais il y avait danger à irriter la puissante cour de Saint-Pétersbourg, s'appuyank sur Berlin.

La vérité est qu'aucun sentiment de sympathie généreuse ne détermina l'attitude de lord Palmerston à l'égard des Belges armés pour leur indépendance. Une seule chose le frappa : la crainte de voir la Belgique, ou se jeter entre les bras de la France, ou demander à la France un souverain. Une seule passion l'anima : celle qui avait sa source dans les vulgaires traditions de la jalousie nationale.

Qu'on ne se hàle pas trop de faire honneur à ses talents diplomatiques d'un résultat dont, en bonne conscience, il est impossible de faire honneur à l'élévation de son âme; chacun sait que toutes les intrigues de ord Ponsomby à Bruxelles n'empêchèrent pas le duc de Nemours d'être

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