LU
FUNÉRAILLES DE LORD PALMERSTON. LE SECRET DE SA POPULARITÉ EN ANGLETERRE.
28 octobre.
C'est bier qu'ont eu lieu les funérailles de lord Palmerston. Elles ont été ce que sont, dans tous les temps et dans tous les pays, les funérailles des grands de la terre. Si, comme saint Augustin s'exprime daas la Cité de DieUy « le choix de la séfiulture et la pompe des obsèques servent plutôt à consoler les i^ivants qu'à soulager les morts, » c'est là un genre de consolation qû n*aura point manqué à l'Angleterre. Lord Palmerston a pour demeure dernière, non pas Romsey, son lieu natal, mais cette abbaye fameuse de Westminster, qui garde la poussière de ceux qui, vivants, ont fait du bruit.
Le cortège funèbre était composé de ministres, d'ambassadeurs, de ducs, de comtes, de marquis, de barons. Partout où il passait, on a fermé les rideaux des fenêtres en signe de deuil, et les clubs se sont montrés vêtus de noir. Les cloches ont rempli l'air de lamentations. Nombre de villes ont envoyé des Réputations au corps qu'on allait enterrer. Les volontaires.de Romsey sont accourus, le crêpe au bras. La route suivie par le cortège a été beaucoup plus qu'à l'ordinaire bordée de spectateurs silencieux. Le génie de Beethoven et celui de Haendel ont été appelés à rendre aussi pénétrante que possible la cérémonie religieuse des adieux suprêmes. Enfin, lorsque le mort a été mis « dans ce lit où jamais un dormeur ne remue », l'héritier présomptif du trône et un prince du sang étaient là.