‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 5)Chapitre 23 sur 62 · LES CRIMES INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

LES CRIMES INDUSTRIELS

18 juillet.

Il y a environ deux ans, la maison Paul, Straham et Bâtes était citée, à Londres, au nombre des plus puissantes et des plus respectées. John Paul était un saint. Pas d'institution religieuse à laquelle son nom ne fût associé. On ne le voyait jamais que la Bible sous le bra<:. Il était le président-né des réunions pieuses, il était l'idole d'Exeter-Hall. Un beau matin, voilà que cette maison, bénie du ciel et bénie par les hommes, s'écroule avec un fracas épouvantable, écrasant une multitude de familles, plongeant dans la désolation plusieurs milliers de pauvres cœurs crédules, et mettant à jour une incroyable série de fraudes. Il se trouve de la sorte que M. John Paul était un tartufe, non pas le tartufe à courte vue dont le génie se réduisit à vouloir prendre à Orgon sa femme et son bien, mais un tartufe aux proportions gigantesques, commandant à des capitaux immenses, visant à envelopper dans le piège de son hypocrisie un nombre indéterminé de victimes, sans distinction d'âge ou de sexe.

La religion, pour lui, n'avait été qu'une manière d'annonce, une affaire d'achalandage ; il en avait usé avec la Bible comme l'Américain Barnum avec Jenny Lind ou Tom-Pouce. Inutile d'ajouter que, pendant que Paul et Staham avaient recours à toute sorte d'expédients misé-

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