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LA FORÊT D'EPPINO ET M. LOWE

•empiétements des particuliers; et, dans la même année, M. Gladstone présenta le « Crown bands bill », dont une clause enlevait la forêt d'Epping à l'administration des bois et forêts, pour la donner à l'administration des travaux publics ; de telle sorte qu'elle pût être administrée séparément, et que les fonds de l'Etat pussent être employés à maintenir ou à défendre les droits qu'avait sur elle la couronne.

Vains efforts! l'esprit d'envahissement était là, décidé à compléter ses conquêtes; si bien que, lorsque M. Gladstone devint premier ministre, la forêt d'Epping, selon l'expression de M. Fawcett, n'avait, jamais couru de plus grands dangers.

Et pourquoi? Parce qu'au nombre des collègues de M. Gladstone figurait, comme chancelier de Téchiquier, M. Robert Lowe.

Or c'est un singulier personnage que M. Lowe.

Libéral, il l'est, à certains égards, autant qu'homme du monde. Je le soupçonne même d'être quelque peu libre penseur. Avec lui, s'il était maître, les prêtres n'auraient -qu'à se bien tenir, ie vous en réponds! L'éducation sécu- Jariséeest, si je ne me trompe, un de ses rêves. Quels €0ups il a portés à , l'Église protestante d'Irlande ! et comme sa manière de l'attaquer a vivement témoigné de l'horreur que lui inspire le despotisme clérical!

Révolutionnaire, M. Lowe l'est aussi, toujours à certains égards. Avec quelle ardeur n'a-t-il pas poussé à l'adoption des billets de banque d'une livre sterling! Quelle importance n'a-t-il pas attachée à ce que les rentiers pussent toucher désormais leur revenu par la poste, sans sortir de chez eux, à la façon des actionnaires ! et quel rude contradicteur les directeurs de la banque d'Angleterre n'ont-ils pas trouvé en lui, lorsque la question du service du payement de la rente a mis aux prises son goût pour l'innovation et leur asservissement à la reutine! Ce

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goût pour l'innovation, il ne Ta p^^sioins bien prouvé par la réforme qu'il a introduite dans la isdilection des taxes, au grand déplaisir de beaucoup de contribuables, dont les lamentations sont le plus léger de ses soucis.

Mais il se trouve que ce libéral est, en matière de droits populaires, un conservaliste intraitable, et que ce révolutionnaire, en fait de questions sociales, ne jure que par le passé. Ce n'est pas lui que les considérations de haute équil4embarrassent. L'exécution stricte des contrats, voilà pour lui ioote Ja justice, quelque inégalement libres qu'aient pu être les deux parties, et quelque violence qui ait pu être moralement faite à l'une d'elles.

Quant aux droits naturels, mots vides, pur noo-^eas : M. Lovve se demande ce que cela veut dire.

Vous vous rappelez ses sorties véhémentes contre la démocratie et les anathèmes qu'elles lui valurent de la part de M. Bright, son collègue d'aujourd'hui. J'attends avec curiosité qu'il nous explique comment il a pu tomber d'accord avec M. Gladstone sur la nécessité de protéger, en Irlande, le tenancier contre le landlord.

Voilà l'homme à qui, le 2 août de l'année dernière, de braves gens eurent l'idée singulière de s'adresser, au nom et pour le compte du pauvre peuple demandant, à cor et à cris, la conservation de la forêt d'Epping. La réponse que M. Lowe fit à la députation le peint tout entier. Avec ce mélange de dédain et d'ironie qui donne quelquefois tant de mordant à sa parole, il déclara que les prérogatives forestières de la couronne étaient un reste de la féodalité, un anachronisme; qu'elles avaient été accordées au roi dans un temps où les rois étaient grands chasseurs, et où il était de mode de respecter leurs plaisirs; mais que ce temps était passé; que la reine Victoria ne chassait pas le daim; qu'un droit est caduc dès que le but pour lequel il fut concédé a disparu, et que, par conséquent, il y aurait injustice, oppression, tyrannie à

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