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DEUX BONNES MESURES LÉGISLATIVES

23 février.

Le Parlement s'est ouvert sous d'heureux auspices. Deux grandes mesures ont été proposées : l'une par la premier ministre, M. Gladstone; l'autre par un membre, important, quoique subordonné, de l'administration, M. Forster.

Or Tune et Fautre sont marquées au coin d'un amour éclairé du progrès.

Le bili sur l'éducation présenté par M. Forster a pour but de mettre fm au monopole de l'enseignement par les sectes religieuses. C'est une sorte de protestation, très mesurée, très phudente, mais suffisamment claire, en faveur de la libre pensée. Le bill ne dit pas que toute aspiration religieuse doive être bannie de l'éducation; mais il dit, en termes non équivoques, que l'État n'est pas professeur de religion; que la direction des croyances relatives aux choses surnaturelles n'est point de son domaine. Jusqu'à présent, le mode d'inspection adopté à l'égard des écoles soutenues el aidées par l'État avait toujours impliquéj de sa part, l'obligation d'encourager la naissance

«t de favoriser le développement de certaines formes de religion particulières. Ce système, le bill dont il s'agit le répudie; il sécularise, pour ainsi dire, l'inspection offi- -cielle des écoles subventionnées; il les soustrait doucement à l'esprit de secte; il affirme sans emphase, mais avec fermeté, ce salutaire principe que, dans un pays où règne la tolérance en matière de culte, et sous un régime qui admet, dans le gouvernement, des hommes animés des croyances les plus diverses, l'État n'a pas à prendre parti pour telle ou telle doctrine théologique, et doit mettre sa sollicitude à faire, non de bons prêtres ou de bons dévots. mais de bons citoyens. Il n'y a là ni impiété, ni scepticisme, ni même indifférence. C'est tout simplement l'Etat qui, en présence de familles au sein desquelles l'enseignement religieux n'est pas compris d'une manière uniforme, se déclare neutre.

Etcela revient à être raisonnable.

Ce qui distingue en outre le bill, et indique dans quel ordre d'idées il a eu sa source, c'est le caractère obligatoire qu'il assigne à l'éducation, considérée comme moyen de former des hommes capables de remplir leurs devoirs envers la société. Fait remarquable et qui ne saurait être trop signalé, dans un pays qui a été jusqu'à ce jour la patrie classique du laissez- faire.

Et ne croyez pas que de semblables innovations aient scandalisé l'opinion publique : au contraire. L'approbation a été, sinon universelle, du moins générale, tant est irrésistible, à un moment donné, la puissance d'une idée juste!

Quant au « Land bill t^ de M. Gladstone, l'heure du débat, en ce qui le concerne, n'a pas encore sonné ; et il touche à des questions si graves, il embrasse des détails si minutieux, que je ne veux pas courir le risque de le juger avec trop de précipitation ; mais je ne crois pas dépasser les limites d'une sage réserve, en rendant justice,

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