‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 30 sur 76 · LE MASSACRE DBS TOURISTES 0E MARATHON. H · texte numérisé non relu

LE MASSACRE DBS TOURISTES 0E MARATHON. H

tes mesures nécessaires pour sauver' les prisonniers, on ffiéme d*aYoir, par de fausses mesures, contribué à leur mort.

Jusqu'à quel point cette dernière accusation est-elle fondée? Pour en juger,. il faudrait,, ce me semble, que les foits fussent mieux connus. J'ai sous les yeux k correspondance officielle relative à ce drame déplorable, e elle ne me paraît pas justifier tout à fait la véhémence de certains anathèraes.

En effet, de la dépêche adressée, le 91 «vril, à lord Glarendon par M. Erskine, il résulte que, non content àt donner les mains au payement de la rançon exigée par tes brigands, le gouvernement grec leur offrait, comme prix de la délivrance des captifs, de faire accompagner la bande par des otages jusqu'aux frontières, ou à 1« distance qu'elle jugerait requise par sa sûreté. Telle fut la teneur des instructions reçues par le colonel Théagenis, qui, h 19 avril, partit d'Athènes pour aller traiter avec les dewx ^res Arvanitakis, chefs des brigands, campés alors dans les environs d'Oropos. Malheureusement, cet essM de Régeciation échoua. Ce que les Arvanitakis voulaient, de la manière la plus absolue, c'était une amnistie; et^ en la leur accordant, le gouvernement grec aurait sanctionné en quelque sorte le brigandage, violé la Constitution, assuré sa propre déconfiture. Voilà ce dont il est juste de tenir compte.

Son véritable tort paraît avoir été la violation, à demi volontaire, à demi forcée, de la promesse faite à M. Erskine, que pendant la durée des négociations, les brigands ne seraient pas inquiétés. Et, ici encore, il est possible qu'il n'ait pas été complètement maître de sa résolution. Car on lit dans une lettre, publiée hier par le Times : « Ordre avait été donné par M. Zaîmis et le général Soutzzos, ministre *de la guerre, d'empêcher toute attaque; et les ennemis du ministère, les zélés, continuaient de dire que l'honneur

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de la nation grecque ne permettait pas de différer, par égard pour la vie de deux diplomates et de deux voyageurs, la destruction de brigands qui s'étaient mis dans une position où il leur était presque impossible d'échapper. Or ce langage irritait un peuple déjà indigné de voir, depuis quatorze mois, son pays en proie au brigandage, sous un gouvernement frappé d'impuissance. ))

Ce sont là, si je ne me trompe, des circonstances qu'il est équitable d'appeler, tout au moins, atténuantes; et la difficulté d'une pareille situation explique, jusqu'à plus ample informé, les incertitudes, les délais, le choc des ordres et des contre-ordres qui semblent avoir amené l'horrible catastrophe.

M. Erskine avait, faute de mieux, fait proposer aux brigands un arrangement en vertu duquel ils auraient été transportés à Malte sur un vaisseau anglais ; et, bien que les chefs ne fussent guère disposés à s'expatrier, peutêtre la proposition aurait-elle fini par être acceptée, si, après avoir quitté Oropos, où ils craignaient d'être cernés, et en se dirigeant vers Sykemenos, les brigands n'avaient aperçu devant eux des troupes qui faisaient mine de leur barrer le passage. Ils se crurent trompés et se divisèrent en deux bandes, dont Tune, sous la conduite de Takos Arvanitaki, tourna par la gauche la force opposée, tandis que l'autre, sous le commandement de Chrestos Arvanitaki, poussait droit aux soldats. Il s'ensuivit une lutte où périrent, avec Chrestos, sept brigands dont les têtes furent envoyées à Athènes, mais où périrent aussi, mis à mort par les furieux qui les avaient en leur pouvoir, M. Herbert et M. Lloyd. Quant au comte de Boyl et à M. Vyner, ils furent tous deux fusillés par l'autre bande, qui les avait emportés dans son mouvement.

Voilà tout ce qu'on sait jusqu'à présent de cette terrible histoire; et de pareils détails suffisent à coup sûr

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