‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 33 sur 76 · LE PLÉBISCITE DU 8 MAL · texte numérisé non relu

LE PLÉBISCITE DU 8 MAL

ce pays, le plébiscite est un coup manqué. On y voit la preuve, désormais irréfutable, que, depuis son établissement, l'Empire a glissé sur une pente fatale ; que ses adversaires n'ont cessé de grandir en nombre, en force et en audace; que l'opposition des villes est devenue de jour en jour plus marquée, plus radicale; que la désaffection tend à gagner jusqu'aux troupes : témoin le vote, si remarquable et si remarqué, de la caserne du Prince- Eugène, et que le moment approche où, pour pousser la bourgeoisie dans les bras du pouvoir absolu, il faudra autre chose que la vieille fantasmagorie du spectre rouge.

Toutefois, le régime plébiscitaire aurait été profondément atteint dans l'opinion des Anglais, si le sage conseil donné par le Temps ^ celui de s'abstenir, avait prévalu; si l'abstention avait été universellement adoptée comme le mot d'ordre de la résistance. Car, dans ce cas, au lieu de rapprocher le nombre des oui et celui des non, c'est-à-dire le chiffre de 7,210,296 du chiffre de 1,530,610, on aurait fait porter la comparaison sur le rapprochement du nombre des votants et du nombre des abstentionnistes; ce qui aurait donné, contre l'Empire libéral, tempéré par les coups d'État, une minorité imposante de plus de trois millions de voix; sans compter qu'une foule d'hommes timides, qui se seraient volontiers abstenus, se sont probablement décidés à aller grossir la phalange des hommes du oui, dès que la peur du non, tel qu'on l'avait expliqué d'avance, est venue les saisir.

En tout cas, l'abstention, au point de vue purement pratique, et sans même parler principe, avait cet avantage d'être conforme aux règles les plus élémentaires de la stratégie. Car on n'accepte pas ordinairement le combat sur le champ de bataille qu'il a plu à l'ennemi de choisir; et il n'est pas prudent de le combattre au moment fixé par lui-même, avec les armes qu'il a désignées, dans

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les conditions qui lui con'viennent, et 9a»s se demander si Ton n'aura pas, durant la bataille, la pottssière aainsage et le soleil dans les yeux.

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