‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 38 sur 76 · HÉRÉTIQUES CONTRE HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

HÉRÉTIQUES CONTRE HÉRÉTIQUES

9 juin.

Dans mes lettres précédentes sur YUniversity test hill^ j'ai mentionné, en les réfutant, les arguments contre : ai-je besoin d'insister sur les arguments pour?

Le système d'exclusion qui a jusqu'ici régné à Oxford et à Cambridge présente tout d'abord cela de condamnable, qu'il est souverainement injuste . Il est scandaleux qu'un jeune homme en qui germe le génie, mais qui a sa manière à lui d'être religieux, soit repoussé avec insulte là où est admis d'emblée tel autre jeune homme, dont le principal mérite est de trouver admirables, parce qu'ils sont contenus dans le Bookof common Prayer, dt^ anathèmes de ce genre : fille de Babyloney béni soit celui qui sai-* sira tes enfants et les écrasera sous la pierre f

Ce système est antinalional. C'est à peine si les bond fide membres de l'Eglise établie forment le tiers des citoyens du Royaume-Uni : de quel droit monopoliseraientils les avantages universitaires? Le 21 mars 1866, M. Lamont disait, — et nul n'osa le contredire : — « Les dix-neuf vingtièmes de la population d'Ecosse regardent l'exclusion qui frappe les non-conformistes, à Oxford et à

Cambridge, comme un grief national et un affront national. »

Ce système est une toile d'araignée à travers laquelle passa le scepticisme des esprits légers de scrupules. Ainsi que M. Rœbuck le faisait observer avec raison dans le débat du mois de juin 1864, beaucoup se disent : « A quoi bon être franc, quand la franchise coûte cher? Faisons acte de conformité, puisqu'il le faut, et qu'aussi bien nous n'attachons à cela aucune importance. 3!^ Les tests arrêtent les scrupuleux et livrent passage aux sceptiques. Des hommes tels que Gibbon et Hume sautent par-dessus des obstacles de cette espèce à pieds joints et en souriant. . Ce système est vain, le monde intellectuel étant emporté par un mouvement de progression contre lequel conciles, synodes et le reste ne peuvent rien, absolument rien. Si le Parlement n'ouvrait pas aux non-conformistes les portes des collèges, elles leur seraient, en fin de compte, ouvertes par le peuple.

Quant à la question de savoir quelle devrait^ être, dans les circonstances données, la politique de l'Église, bien hardi qui se flatterait de l'avoir résolue! Pour moi, je vois très clairement qu'en suivant la route de l'intolérance, l'Église établie risque de périr; mais il ne m'est pas prouvé qu'elle se sauve en s'engageant dans la route contraire.

Il est très vrai que la bigoterie et le monopole irritent, et que, au contraire, l'esprit de concession concilie. Mais les non-conformistes sont-ils, en général, de ceux qu'on gagne par des concessions?

Il est très vrai qu'au sein de l'Université, ils seraient soumis aux influences d'un entourage orthodoxe. Mais ces influences auraient-elles pouvoir d'apprivoiser leurs rudes convictions?

Il est très vrai que, forcée de compter sur elle-même, sur la pureté de ses principes, sur la supériorité de ses

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