MALHEUREUSE. FRANGE
Il ne faut pas que le pouvoir reste abandonné aux mains qui en ont fait un si lamentable usage.
Il ne faut pas qu'au moment où il ne doit plus y avoir dans la tête d'un Français qu'une pensée, il y en ait deux.
Il ne faut pas que la nécessité de sauver la France se complique, pour les impérialistes, de la nécessité de sauver une dynastie.
Il ne faut pas qu'aux amis de la liberté, quels qu'ils soient, la victoire du pays apparaisse enveloppée dans le retour du despotisme.
Il ne faut pas que le désir d'épargner au prestige impérial des coups décisifs puisse conduire ceux qui sont dans le secret du réel état des choses à masquer la vérité, pour donner le change aux esprits sur l'étendue des fautes commises, au risque de pousser la France, d'illusion en illusion, jusque dans l'abîme.
Je lis dans le Temps : « L'unanimité de la Chambre ne pourra manifester sa puissance que par la constitution d'un gouvernement qui réunisse tous les partis dans l'abandon commun et réciproque de tout ce qui peut les diviser. »
Ah ! s'il y avait chance que ce conseil fût suivi, est-ce que l'autorité serait échue tout entière aux plus déterminés partisans du régime que couronnent tant de désastres? Est-ce que la liberté, mère de ce puissant enthousiasme qui a valu à la France tant de triomphes, aurait été mise en suspicion? Est-ce que l'état de guerre aurait été confondu avec l'état de siège? Est-ce que le Réveil et le Rappel auraient été suspendus, comme si le patriotisme qui cria toujours : «Vive la France! » était moins pur et moins ardent que celui qui a crié pendant vingt ans ; «Vive l'empereur ! > Est-ce que les nouvellesdontle peuple avait soif lui auraient été, tout d'abord, cachées? Est-ce qu'on aurait hésité un seul instant à armer la population
i» DIX ANS DE LlirSTOIRB D*illlGLBTERRE.
rédaraant des armes? Est-ce que la préoccrttpatioii de . aiaintenir l'ordre, associée dauns les d<icttinent& olficieb à celle de yaincre, anrak laissé sappteer qm'û y aivak en FVance deux classes d'ennemis i cosnèattre, et cela aa* moment même où l'on faisait appel à l'unanimité d^ esprrts et des cœurs?
D'où vient q»e ces cboses étranges ont lien; ^, quand Strasbourg est investi, quand Nancy esft occupé, qxiaati Tarmée française se replie devaal des fwces sopérienres, qnaiié l>e roi de Prusse, ô douleur I parle e» maiire d^is la partie du territoire français où campenA ses troupes^ pourquoi, dans Patris, des soldats slirveiiiaaitia ptace publique ?
Yo«s le demandez? Parce qae certaias heœmies otA deux îttlérêts à servir, d>ent l'un, qui est le salut de la dynastie, exige des mesures bien diiSérentes de celles que réclame l'autre, qm est le saihii de b France.
Persemne, en Angleterre, qui ne cemprenae cela. Et nous qvi avens de si pressants motifs pour le eem^ prendre, nous ne le comprendrions pas!
De quoi s'agit-il? De la France à sauver par l'uaioa de tous les Français; — ce qui implique la suhstitujtion ffm ordirede dioses où le pays seeaôt teut, à uaord&re de cboses où il n'était rien. Jusqu'à présent, la natîoa a disparu derrière un bomme : il est temf»s qn'nn homme disparaisse derrière la natim. Lorsque: Fennemi aura éié repoussé par la France, eonsièét ée^ dans l'ensemble des idées et des forées qui ta constHuenl; toesqiie ses efforts étnyitcfment associés et dégagés de l'infkfênee des< pa»sîmis de parti, auront eu raison des envahisseurs, elle proDoncera sur ce qui convieirt au déveleppement pacikque el régulier' d>e: ses destinées. En attendant, c'est par la prédominance abso'iine de l'amoar filrai de. ses enfaôits sur tous les autres a^mours, qu'eUe soctira de cette crise — Kbre, glorieuse et souveraine*
DAN6LETERRE PRUSSIENNE. 183