L'EMPIRE N'ÉTAIT PAS LA FRANCE
Paris, 6 septembre.
J'arrive d'Angleterre, et j'en rapporte une impression qu'il me semble d'une extrême importance de faire connaître.
II n'est malheureusement que trop vrai : l'opinion publique en Angleterre a, jusqu'à ce jour, et sauf des exceptions, pris parti pour la Prusse contre nous. Mais, dans ces derniers jours, même avant que la République fût proclamée, il s'est produit parmi les Anglais en notre faveur un revirement dont j'ai reçu, personnellement, de nombreux témoignages, sous forme de réponse à l'accusation de partialité injuste lancée par moi-même contre le peuple de la Grande-Bretagne. Dans les lettres qui m'ont été adressées à cette occasion, les uns se bornent à protester de leur sympathie pour la France; les autres se déclarent pleins d'admiration pour la fermeté noble et calme avec laquelle elle a supporté ses revers ; et cette déclaration, quelques-uns prouvent combien elle est sincère en m'envoyant leur offrande pour nos malades et nos blessés.
Ajoutez à cela qu'il est en Angleterre beaucoup d'hommes doués d'un grand sens politique qui commencent à voir clair dans les monstrueuses prétentions de la Prusse données par elle comme la légitime consé-