‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 53 sur 76 · L'EMPIRE N'ÉTAIT PAS LA FRANCE · texte numérisé non relu

L'EMPIRE N'ÉTAIT PAS LA FRANCE

quence de ses succès. Ceux-là se rappellent avec quel cynisme le gouvernement prussien dévora sa proie du Danemark, à la barbe de l'Angleterre frémissante et indignée. Ils se rappellent que les Chambres prussiennes justifièrent l'annexion du Hanovre par la proclamation éhontée du droit de conquête, ne rougissant pas de voter l'adoption d'un rapport où il était dit bien haut : € Que le droit de conquête, en vertu de la loi internationale moderne^ constitue un juste titre à l'acquisition des territoires étrangers et qu'il n'y a pas lieu de consulter les peuples sur leur incorporation, parce que ce serait substituer les apparences à la réalité. >

Cette brutale théorie de la force brutale, beaucoup de bons esprits, en Angleterre, se rappellent, je le répète, en quelle circonstance et avec quel éclat les Chambres prussiennes la professèrent; ils la retrouvent dans cette soif de démembrer la France dont les organes de M. de Bismark se montrent tourmentés; et ils se demandent si un immense empire germanique asservi à des hommes qu'animent de pareils sentiments ne serait pas une menace effroyable pour l'Europe, y compris l'Angleterre.

Cette réaction de l'opinion publiqne anglaise, est-il de notre intérêt d'en favoriser le développement? Bien aveugles ceux qui en douteraient! bien ignorants ceux qui ne sauraient pas que c'est plus que sous un rapport purement moral que, dans les circonstances présentes, les sympathies de l'Angleterre sont de nature à nous servir!

Dès lors, la ligne de conduite à suivre en ce qui la concerne est toute tracée.

Au moment de quitter Londres, je recevais d'un personnage éminent, membre libéral de la Chambre des lords, et que j'avais toujours connu ami de la France, une lettre où il se plaignait avec amertume de la malveillance qui, selon lui, aurait été déployée en certaines parties de la France, à l'égard de ses compatriotes. Si

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le lait est exact, c'<estM «ne dispositmi qae leigoiDven»ment républicain fera bien^ à itoBS lues peints de «ne, .de ne pas «encoupager.

Une ides cvm&& ies'plos actives de la tendanoe.desj&Mglais à prendre parti p^nr lia Prasse, c'e^ le «caïahCtève agressif, deimé à la guerre ipar Napoléu. (Gela est si vrai, que le iparti qui, &i Angleteiara, Btest te plus nettement prononcé centre noas, .eât f^péciBânent le pwti li» béral. Ëb:hien, il est ucgent qu'à cet égard nous fassions tout à fait 3*e¥enîr rÂngleterre de son erreur. L'eutbousiasme avec lequel la République a été proclamée doit prouver de reste aux anglais qu'il esistait un abîme entne la France et l'Empire. ¥oici le moment, poor le gouvernement républicain, de leur dire, de (dire à 'l'Europe, de dire au monde que la France républicaine, — la IFnanoe! — n'a pas voulu de celte guerre:; qu'une guerre agressive et sans autre but qu'une acquisition de territorire eûltétë impossible si la France avait été libre, et l'e^, de m part, aujourd'hui que la France est rendue à-elle-mieme, et que nous répudions sans réaerveileipcinoipe du^droitde conquête, — odieux principe contraire à toutes nos idées, à tous nos sentiments, à toutes nos traditionsrévolutiounaires. Le droit de conquête, nous le laissoftsaux tyrans. La loi internationale, telle que nous^la comprenonE,4^'est celle qui veut mettre fin aux haines internationales, «c'est celle que les tratvaiUeurs français, d'accord avec les travailleurs allemands eux<4même&, ont si bien fonmulée.

Le caractère de la lutte est donc transformé désormais. L'Empire tombé, la France se retrouve et se possède. Or la (France est aujourd'iiui sur la défisiisîvo.*Les bombardeurs de l'hénsique ville de Strasbourg, le roi de Brusse, «'il ose réclamer l'Alsace et la Loraine, wprtéB avoir si solennellement dédlaré qu'il faisait da guerveià Napoléon, non au peuple français^ voilÀ les .agreaseuBS. Nous portons les armes pour empêcher que des lieaaaaoaeB

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