‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 60 sur 76 · The English ComtitutUm, by D^ Edward Fischel^ p · texte numérisé non relu

The English ComtitutUm, by D^ Edward Fischel^ p

i40 DIX ANS DE L'HISTOIRB D'ANGLETERRE.

ment de 1851; mais il n'a pas pris garde que les données fournies par cette opéralion sont, en général, fort inexactes, attendu qu'il est beaucoup de personnes qui au titre de propriétaire, joignant un autre titre, déclarent le second et passent le premier sous silence.

Tout pesé, le chiffre de 30,000 me paraît, je le répète, celui qui s'éloigne le moins de la vérité.

Ce qui est certain, c'est qu'en Angleterre la propriété du sol se trouve accumulée et tend de plus en plus à s'accumuler dans quelques mains. « Je connais, a dit M. Bright dans son discours devant les électeurs à Birmingham, Je connais le cas d'un noble personnage qui passe pour avoir un revenu annuel de 120,000 liv. sL (3,000,000 de fr.). Il dépense par an 40,000 liv. st. (1,000,000 de fr.), et les 80,000 liv. st. (2,000,000 de fr.) qui lui restent, il les emploie à s'arrondir par l'acquisition de tout domaine qui est à vendre. > Les exemples de ce genre abondent. La partie orientale du comté de Sussex, lequel contient 800 milles carrés, est presque entièrement la propriété de deux ^ noblemen», le duc de Richmond et lord Leçonfield. La ville de Londres, cette ville étonnante par son immensité, appartient à un petit nombre d'hommes; il est tel grand seigneur qui y possède un quartier aussi étendu que la capitale de certains royaumes. L'opulence de la maison Grosvenor brille d'un éclat qui fait pâlir celui du trône, et encore n'est-elle rien en comparaison de ce qu'elle sera à l'expiration des loyers de Belgravia. Les domaines de Dudley, Buccleuch, Brownlow prennent des proportions monstrueuses. L'autre jour, on lisait dans les feuilles publiques que les curateurs (guardians) du marquis de Bute, jeune homme de seize ans, avaient dépensé deux millions de livres sterling à améliorer la propriété de la maison de Crichton Mounstuart à Cardiff. On juge quelle doit être la valeur d'une propriété, quand, pour l'améliorer, rien que pour l'améliorer, on dépense cinquante millions de francs!

Pline, philosophe quoique patricien, à dit : Verumgtte confitentibus, latifundia perdidere Italiam. Si ces mots, que Gibbon cite avec approbation, expriment un fait bien observé; s'il est vrai que ce fut Texistence de domaines trop étendus qui entraîna la perte de l'Italie, Taristocratie anglaise ferait bien de se demander si TAngieterre ne serait pas d'aventure atteinte de la maladie sociale dont les Gracques voulaient guérir l'empire romain et qui finit par tuer ce grand malade.

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