CE QUI RESTE D'UN TRIBUN
20 janvier.
Je n'ai pas besoin de revenir sur l'impression produite ici par la tragédie d'Âuleuil. Elle a été ce qu'elle ne pou* vait manquer d'être : immense et profonde. Je n'ai pas besoin non plus de vous dire, pour peu que vous ayez présente à l'esprit maintes lettres de moi sur le bonapartisme d'une portion de la société anglaise, que les organes de cette portion-là ont fait des efforts désespérés pour désorienter l'opinion, pour couvrir la famille impériale du complaisant manteau dont se servirent autrefois les enfants de Noé, que dis-je ! pour transporter, si je puis parler ainsi, de la victime au meurtrier, le bénétice de la compassion publique.
Cela constaté, je passe à un autre genre de préoccupations, celles qui se lient, pour les Anglais, aux difficultés de leur politique intérieure. Ces difficultés sont considérables; et, dans les discours récemment prononcés par lui à Birmingham, M. Bright les a proclamées dans un langage qui est à coup sûr celui d'un ministre, mais juste le contraire de celui d'un tribun.
Tant le pouvoir transforme les hommes! Et, d'abord,