Prindples ofPolitical Economy, book V» chapter
sur sa fécondité acquise s'accroisse de plus en plus, tout semble conspirer à Tenvi. Car, ainsi qu'Adam Smith le reconnaît, les progrès dans la puissance productive du travail ont cet effet, qu'ils tendent directement à réduire le prix réel des produits manufacturés, et tendent indirectement à élever la rente réelle de la terre. N'est-ce pas contre des produits manufacturés que le propriétaire foncier échange celte partie de son revenu qui excède sa consommation personnelle? Et, quand leur prix baisse^ ne se trouve-t-il pas en état d'acheter avec le même revenu une plus grande quantité d'objets de commodité, *d'ornement ou de luxe?
Il n'a donc pas besoin de travailler, pour ajouter à ses richesses : le temps se charge de l'enrichir, sans qu'il ait à s'en mêler.
Quelle différence, sous ce rapport, entre lui et le capitaliste ! Plus les capitaux autres que la terre abondent, f lus ils se déprécient : risque auquel n'est point exposée la terre, qui est une quantité limitée. Cent mille francs -en valeurs mobilières sont très loin de valoir aujourd'hui ce qu'ils valaient il y a un siècle, tandis qu'une terre qui valait cent mille francs il y a un siècle vaut aujourd'hui bien davantage.
La richesse générale et la population sont susceptibles d'un accroissement presque indéfini, et ne cessent effectivement de s'accroître ; le commerce demande pour ses opérations une base territoriale de plus en plus large; on agrandit les villes et on en construit de nouvelles; l'établissement d'un chemin de fer vient tout à coup donner à tel faubourg, à tel district une valeur artificielle consi- -dérable, Tout concourt de la sorte à faire hausser le prix de la terre.
En Angleterre, celte hausse, dans les grands centres industriels ou commerciaux, présente quelque chose de vraiment fabuleux.
A Londres, le tout petit emplacement qui se voit au coin de l'église Saint-Paul, du côté du sud-est, ne vaut pas moins de 60 000 livres sterling (1 500 000 francs).
Lorsqu'on bâtit New-Oxford, le sol ne coûta pas moins de 57 000 livres sterling (i 125 000 francs) l'acre.
A Manchester, dans les parties les mieux situées de la ville, on a payé le terrain jusqu'à 200000 livres sterling (5 000 000 francs) l'acre.
A Birmingham, le terrain occupé par un chemin de fer, le « London and Nort- Western Railway », a été vendu 60 000 livres sterling (1 500 000 francs).
Mêmes résultats à Sheffield, à Leeds, à Bradford, à Glasgow, à Belfast.
S'il esta Londres des hôpitaux qui jouissent de revenus princiers, c'est parce que, au lieu de leur laisser une somme en argent, les fondateurs leur ont légué des terres dont la valeur vénale était fort minime alors et est devenue immense depuis, à cause des maisons qu'on y a bâties et par le seul effet du progrès de la richesse générale, joint à celui de la population.
Ceci bien constaté, en vertu de quelle logique, en vertu de quelle loi d'intérêt public, en vertu de quel principe de justice, la société, prise dans son ensemble, serait-elle exclue, au profit de quelques-uns de ses membres, de toute participation à ce surcroît de richesse qui est dû à la fécondité du sol, à l'air, à l'humidité, à la chaleur, aux rayons du soleil, à l'augmentation de la population, à la construction des villes, aux inventions de la science, au progrès du commerce, au travail de la société tout entière?