Chiria Review, 1873, p
rivière est la principale voie ouverte à la circulation, et c'est par milliers que s*y croisent les jonques et les bateaux, dont les uns chargent ou déchargent leurs cargaisons, pendant que les autres transportent en tous sens les passagers le long de Tétroit chenal qui serpentera travers cette Babel flottante où règne Téternelle discorde. Le commerce qui se fait là est beaucoup trop considérable pour une si petite rivière, et Ton peut facilement se figurer comment, il y a[dix-sept ans, une flottille chinoise, fuyant devant une poignée de marins anglais montés sur leurs chaloupes, se mit en ligne, fermant comme une muraille cet étroit passage, et fit pleuvoir sur ses vaillants adversaires une grêle de mitraille qui répandit parmi eux la destruction et là mort. Quant au commodore, dont la chaloupe fut brisée sous ses pieds et dont Téquipage eut presque tous ses hommes tués ou blessés, il ne quitta l'action que pour aller chercher des renforts, revint à l'attaque, battit l'ennemi, et ne se retira qu'en remorquant après lui cinq des plus grandes jonques, trophées de sa victoire. Les Chinois qui eux-mêmes ne manquent point de courage exprimèrent, dit-on, avec franchise, leur admiration pour la bravoure et l'audace d'un homme, qui, à la tête de sept chaloupes, entreprit la capture de Fatshan et de ses deux cent mille habitants et détruisit une flotte que les Chinois croyaient être la terreur de ces «diables étrangers », de « ces mangeurs de feu » qui jusque-là avaient été regardés comme ne combattant jamais à armes égales, mais tirant toujours à l'abri de leurs forts, au lieu de s'avancer bravement et d'atlaquer à découvert les canons nlis avec tant de peine en position pour recevoir leurs assauts.
Toutes les fois que la circulation est arrêtée sur la rivière par suite d'un encombrement de bateaux, et cela arrive fréquemment et dure indéfiniment, on a le loisir de remarquer le grand nombre de bateaux de plaisir et de bateaux de fleurs naviguant sur le fleuve ou amarrés au rivage. Les ponts de ces bateaux portent de grandes cabines luxueusement peintes, dorées et décorées' à| l'intérieur et à l'extérieur. Les portes et les fenêtres sont| garnies de tentures de soie, et à travers l'une des portes [entr'ouvertes on] pouvait voir déjeunes élégants, et même de vieux sybarites, contant fleurette ^^ jeunes filles somptueusement peintes qui Heur apportaient des P^pes d'argent ou des houkahs (narghilés chinois), ou leur servaient d^ thé. On voyait aussi sur la rivière des bateaux pour la pro- "^^Uade emportant dans leurs cabines particulières des familles qui ^® faisaient conduire à la campagne pour y jouir de la vue des ^'ï^nips de riz et des vergers.
A. San-Shui nous entrâmes dans la branche septentrionale de la ri- ^^^ï*e, et nous nous trouvâmes bientôt dans un lieu très-pittoresque ^^nt quelques traits me rappelèrent les basses terres d'Ecosse. Nous