V.ii DIX ANS DE VOYAGES
cluHir immaculée des colombes, nous dit co reclus, esl rcniblème de la piinMé de la déesse ; il sérail fort possible, ajoiita-t-il, que dans ces eidonibes eussent passe les ànu*s île cpielques-uns des moinc& défunts. A «mi ju^'er par Taspect de notre vénérable mais sordide anji, les Ann's des défunts doivent trouver bien pénible un chaiir genient qui consiste à troquer leurs sales robes et leurs plus saleft corps lontre le pluniape immaculé de ces blanches rrolombes^
Nous sommes au temps de la moisson, et le blé est déjà coupé enplusieurs endroits et empilé en meules dans les cours des fermes, en attendant ((u'il soit battu à coups de fléau ou foulé sous les pieds lourds des b(eufs. La saison a été bonne, et les fermiers joyeux remercient le dieu de l'agriculture de l'abondance de celte seconde réct)lte, obtenue sur un sol oii depuis des siècles les moissons se surcèdeut sans interruption. Les Chinois sont d'habiles cultivateurs. Ils ont été, ilu nn»ins <*ela paraît établi, les premiers parmi le» hommes à comprendre que le s(d exif^e d'eux autant de soins que leurs bceul's ou que leurs dues ; que tout ce qu'il leur donne sous la forme de moissons doit lui être rendu en engrais, et qu'après une saisjui d'activité il a besoin d'une saison de repos, pour pouvoir de nouveau produire i?n abondanc*'. Gomment et :\ quelle ép«>ipie les Chinois a<M|uirent-ils <*e savoir? C'est ce (jue Confucius hiimènieeùlété i)rol)ai)ienienl lorl embarrassé de dire. Ce qui est certain, f'est qn ;ntih«ll«'incnl ils en sont arrivés h faire produire au nnûnsdcux roi> [lar an à h'ins terres des récoltes alternatives de i*éréales et de irL:ninineiiscs ^ Cette IVrtililé extraordinaire est due eu partie an peu drlcndin' «le Icnis Icirrs, <jui, la phq)art, sont assez pelilrs polir qur le pii ipriélaii'c pnisx» li'> ciillivcr Iiii-méme avec le phis f^^iMiid >nin, cl ru partie à l'eniplni mustant des 4»ni;rais, qui est en ii^air»* parmi lr> paysans <*liinois. Le*; idées de ce pi'n[)le sur réci>noniied«»ni('>li<pu' se rctniniai^scnl à une foule d'haijitudes diverses. Si le «•iiHivaleni' se trouve dans le Noisinaire «l'une ville, il achète, inovennant lui ahonnenu'nt aviM- ccrlaines niaison.s, le droit d'enlever les or«line^ el h' cnnleim «les laliine^. qu'il distribue aux terres (]ni en ont hesnin. C'«'^| le plus sninent sous l'onne d'engrais liquide (pi'il eniplni.' res nialières. el il réii^sil ])ar ee moyen à fertiliser les terres Ie> plu> nianNai^j's. Si ses terres sont éloignées des villes ou \illa^'es, il Use de huis li»s moyens p«)in' .>e procurer 1 engrais <|ui lui csi >i précieux et tlaiis ci» hnl il «on^tmit à la limite de ses champs de ix'liJN ciihinels d'aisance don! la propri-té el inéme lélégance, — <ar il laiil ri\ aliseï* «rallraclinn avi-c les > oisins (pii en font autant. — d«»iveMl iiiviler les passants à y entrer.
1. lin lu\il r|ii.ilri- iiNiillc-; p.'ir îui : iii;ii- il^ -iiiM-iil l.i lui du ('imilus do Pmtiv» l.'M'olIX. il \\[ en 'I' liiiiijii ' l'il l'i'.MI •«'.
DANS LA CHINE ET LUNDO-GHINE. 197
De San-Shui je m'en retournai seul à Canton, dans une petite barque, laissant mes amis moins pressés revenir à petites journées. La rivière n'ayant dans un certain endroit que quelques pouces d'eau, je fus obligé de louer un bateau plat et de faire transporter mes bagages par terre jusqu'au premier coude de la rivière. Sur ce bateau je descendis ou plutôt je fis la course jusqu'à Fatshan avec plusieurs bateaux de la même espèce montés par des marchands chinois. La distance est d'environ vingt-cinq milles (40 kilomètres). Nous arrivâmesavec une demi-heure d'avance sur tous les autres et nous nous engageâmes aussitôt dans le passage étroit laissé libre au milieu de la foule des bateaux. Ce fut de beaucoup la plus désagréable partie de mon voyage. Ayant voulu attérir pour me promener tranquillement par la ville, je fus assailli par une foule grossière, le rebut de la populace, qui me repoussa jusque dans la rivière, où je fus heureusement recueilli dans un bateau par deux braves femmes qui s'éloignèrent en faisant force de rames et me gardèrent jusqu'à ce que j'eusse trouvé à louer une barque rapide pour me transporter à Canton.
Le lecteur sait que Canton et la province de même nom (Kwang- Tung) ont été pendant longtemps le seul point du vaste empire chinois sur lequel il ait été permis aux Européens d'établir des relations avec la Chine ; toutefois je renverrai ceux de mes lecteurs qui s'intéresseraient particulièrement à l'histoire obscure et tourmentée de Canton à un livre très-complet et très-intéressant, traduit et publié en Chine par M. Bowra, de la douane impériale. Il est établi dans cet ouvrage que le premier document authentique que l'on possède sur la province de Kwang-Tung, se trouve dans les archives de la dynastie de Chow et remonte à Tan 1122 avant Jésus-Christ. C'est au cinquième siècle de notre ère que l'on voit arriver les missionnaires bouddhistes et que s'établit dans le pays la secte qui y est aujourd'hui dominante, et c'est à la suite de ce succès de la propagande bouddhiste que des relations commerciales s'établirent entre rinde et la Chine. Quant aux relations que depuis cette époque les Chinois ont eues avec les autres nations, elles ont été sujettes à une suite d*interruptions périodiques, et leur histoire est un récit de luttes incessantes, la Chine, d'un côté, adhérant obstinément à sa politique d'exclusivisme et opposant toute espèce de barrières aux empiétements du commerce étranger, et les nations étrangères ne se lassant pas, de leur côté, d'exercer sur l'empire chinois une pression devant la persistance de laquelle celui-ci a dû graduellement céder. C'est ainsi qu'à la longue ont été arrachés à la Chine des traités qui cependant ne sont pas moins avantageux pour elle que pour nous.
La ville de Canton s'élève sur la rive septentrionale du Chu-
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