DIX AXS DE VOYAGES
KiiitigdiiPearl Hiver, fi environ qualpe-vingt-dix milles (145 kilum.l de la mer, et son porl est accessible on [mile saison niix vaisseaux (in plus Tort tonnage. Les communications entre U Capitale el Ips autres pajlies de la provinee s'elTectnent ali moyen des trois branches du Ghu-Kiang kI triin r^sean complet de canaux el de rivières. Une ligne d(! beans steamers fail entre la ville el Hong-Kong nn ser^iro qUati^ dien, et le ti^lÉgraplu' sous-marin, qui relie celte lie au continent puropéen, met on correspondance joumnlifre avec l'Occident ce pay» de Calhsy autrefois si ^inipni^. Le voyaiçe de Hong-Kong à Canton en
remontant le fleuve est l'ort agrfabie. Du pont du navire on aperçoit'' li^s ruines desforls de la Bogue, et l'on pense au capitaine WwMeUel' aux impressions qu'il dut éprouver lorsque pour la première fois, en 1637, une flotte de navires mai-cliands anglais vint, sous sa conduite, ' jeter l'anere devant ces forts. A partir de lu, grûce aux fausses représentations et aux calomnies des Portugais, ce ne fui qu'en combat-j tant que le vaillant capitaine pnt avancer jusqu'à Canton, oii U finill par obtenir une cargaison pour ses navires, mais k des prix si peai rémunériiteurs que pendant un quartdo siècle on c'eut pas l'idée renouveler l'opération.
La cabine chinoise dans le steamer de Canton offre un curieuE
spectacle. Elle est, à chaque voyage, encombrée de passagers que Ton voit couchés dans toutes les attitudes imaginables, les uns sur des nattes, fumant de Topium, d'autres sur des bancs, profondément endormis. Dans un coin, de petites parties de jeu sont organisées; dans un autre, des marchands causent affaires. Vue de la porte, la cabine présente la plus extraordinaire môlée de membres nus, de bras, de têtes, de queues, d'éventails, de pipes et de jaquettes de §oie ou de coton. Les propriétaires de ces divers objets n'ont jamais ridée de se promener pour jouir du paysage ou de la brise de mer. La seule fois que j'aie vu un groupe de passagers chinois manifester un sentiment voisin de l'animation, ce fut précisément sur ce steamer. Ils avaient pris sur le fait un filou chinois, et avaient résolu de le punir àleur manière. Quand le bateau arriva au port, ils dépouillèrent le coupable de ses habits, les lui attachèrent sur la tête, lui lièrent les mains derrière le dos, et dans cette condition l'envoyèrent à terre à la rencontre de ses amis, mais non sans avoir préalablement couvert sa nudité d'une couche de peinture de diverses couleurs.
Mes lecteurs se rappellent sans doute le nom de Yeh, le célèbre gouverneur de Canton qui fut emmené prisonnier à Calcutta. Môme à Canton il serait presque oublié si un temple n'avait été élevé à son âme envolée. Ce temple s'élève sur le bord d'une petite rivière suburbaine ; c'est un très-joli monument, et il a l'aviintage de nous rappeler les relations un peu vives que nous eûmes en 1857 avec ce fameux commissaire impérial, relations qui, après force troubles et force effusion de sang, finirent par la capture ignominieuse du malheureux gouverneur dans un obscur « yamon * ». Le temple de Yeh est l'un de ceux qui peuvent le mieux donner au voyageur qui visite Canton une idée du style d'architecture adopté aujourd'hui dans cette ville.
Les jardins de Fati, si souvent décrits, n'ont pour ainsi dire point changé ; ils sont toujours au même endroit, près d'un petit bras de rivière * ou d'une petite baie sur la droite du fleuve. Ces jardins sont des pépinières d'arbres, d'arbrisseaux et de fleurs. Comme la plupart des jardins chinois, ils n'occupent qu'un espace assez restreint, et ont été aménagés de façon à représenter de grands paysages en miniature. Les allées y sont intentionnellement étroites; il y a une quantité d'arbres nains et d'arbustes rabougris, de petites Collines rocheuses portant sur leurs sommets de petits temples et