Creek semble bien vouloir dire baie dans ce passage
2. Le nom de Uoiujs est celui que portaient les quatorze marchands chinois qui pondant lon«j:lemps curent le monopole exclusif du commerce avec les étrangers.
3. Quoi d'étonnant à cela, après ce que J. T. lui-même, au commencement de cet ouvrage, a dit des Chinois ?
DAJiS LA CHINE ET LINDO-CHINE. 203
rÈ(;le générale, ce sont des Tripons de la pire espèce, des hommes i)ui ne se font aucun scrupule de duper l'acheteur con&ant, et sur qui doit retomber la responsabilité des falsilications qui sont l'objet lie tant de plaintes de la part des consommateurs.
Il me semble, à moi, que les Chinois, chez qui les marchands européens se fournissent de ces marchandises falsiSées, ne sont pas les pins coupables dans coite all'aire. Sans dontc ce sont eux qui font
y c*«cueillir par les domestiques des étrangers nu des indigènes et par [ les garçons des restaurants et des salons de thé, les feuilles qui ont «léjà servi, pour les faire sécher, les recuire, et les m6ler h des feuilles qui ressemblent à celles de la véritable plante. Cela fuit, on jette »urces feuilles les rebuts, la poussière, les balayures du vrai thé, a mélange le tout de façon à donner à la fausse marchandise
toutes les apparences de la vraie ; on y ajoute le parfum de quelque fleur odorante [chlorantus, oiea, aglaia, ou autre), et Ton fournit ainsi à bon marché à Thumble consommateur étranger un thé aussi parfumé que falsifié. Les pauvres gens se laissent tenter par le bas prix de la marchandise, et quant au détaillant, il en sait probablement aussi long sur les sophistications et sur Fart de les découvrir qu'il en sait sur le spectroscope et sur la composition des comètes. Tout aussi raisonnablement pourrait-on Taccuser, dans la plupart des cas, de ne pas savoir de quels corps sont composées les étoiles que de ne savoir, ni de quoi est fait le thé qu'il vend, ni quelles sont ses propriétés. Je ne veux pas dire toutefois que le détaillant ne connaisse pas exactement la valeur marchande du thé qu'il achète ; tout ce que j'affirme c'est qu'il est fondé à penser que le thé qui a passé la douane est propre à la consommation. U n'y aura pas de remède à ce mal tant qu'on ne se décidera pas à interdire en Chine le commerce de ces thés falsifiés. C'est pour des marchands étrangers qui ne veulent pas se contenter des profits légitimes du commerce et qui font une concurrence déloyale aux maisons honnêtes que ces thés sont fabriqués; et cette concurrence est d'autant plus désastreuse qu'il faut, pour n'acheter que de bonnes marchandises, avoir des employés habiles ; que ce genre de commerce est toujours plus ou moins chanceux ; que l'on y est exposé à de grands risques (ce que nos marchands ne savent que trop) ; et qu'en dépit des grands capitaux qui y sont engagés, on ne peut s'attendre h réaliser des bénéfices raisonnables que sur une cargaison, sur deux ou sur trois.
Il se fait aussi chez nous certains mélanges de thés destinés à satisfaire les goûts et les moyens des consommateurs européens; mais les thés falsifiés dont j'ai parlé viennent de Chine. Du reste, le public peut se tenir pour dit qu'il est impossible d'avoir le vrai thé en Angleterre à moins de deux shillings ou do deux shillings six pence (2 fr. 50 à 3 fr,) la livre. Les mélanges qui se vendent à meilleur marché peuvent être parfaitement inoffensifs, mais n'ont guère du thé que le nom.
Revenons au « Tea Hong, » dont ces observations nous ont éloignés, et voyons comment se fait le thé dit poudre-à-canon. D'abord on fait sécher i\ moitié des feuilles de thé noir, puis on les roule, soit dans la paume de la main, soit sur un plateau, soit avec les pieds dans un sac. On les met alors dans un plat creux en fer et on les fait roussir sur un feu de charbon de bois, puis on les étale sur des plateaux de bambou pour séparer des feuilles les débris et les queues. Le procédé employé pour faire prendre à la feuille la forme granulée qui a fait donner le nom de poudre-à-canon à cette espèce de thé, est le plus curieux de tous ceux auxquels la plante
>tol soumise. Vous voyez dans une salle une troupe de mulies rotbostes n'ayant pour tout vdcment que des pantalons de colon ■telroussés de manière à laissera leurs jambes nues toute liberté de mouvement; s'appiiyant de leui's mains sur une barre transversale ou contre le mur, ils roulent et font sauter par la chambre des balles d'un pied de diamètre environ. On est teuté de se demander ce qu'ils Font : l'st-cc un Iravail ? est-ry un jeu ? Notre
ous assure que c'est un travail, et un travail très-pénible, lies bulles qu'ils roulent et font rebondir ainsi à coups de pied sont " s sacs aussi pleins que possible de feuilles de thé auxquelles, à rte de les rouler, on Qnit par faire prendre la forme de petits rains. A mesure que ces grains se font plus compactes, le sac «vient trop grand et on le tord pour serrer la boule et la rouler de
-nouveau. Celle torsion elce roulement se conlinuenl jusqu'à ce i\ne le grain soit devenu parl'uitement rond. Il ne resle plus qu'à trier, au moyen de tamis, les différentes grosseurs ou qualités, auxquelles après un dernier séchage ou grillage ou donne pour flair le purfuDi uu bouquet.
La plus grande partie des thés qui viennent de Canton sont récol-
tés dans la province de Kwang-tung, Autrefois, il en venait beaucoup du district de Tung-ting ; mais ces thés prennent aujourd'hui la direction de Hankow. Les thés du district de Tai-shan serventsurtout à l'aire le Pekoe de Canton, et l'orange Pekoe * à longues feuilles. Les thés du Lo-tiug sont employés pour le scenled Caper • et le thé poudre-à-canon,