‹ Dix ans de voyages dans la Chine et l'Indo-ChineChapitre 36 sur 69 · M DIX ANS SB TOTASIS · texte numérisé non relu

M DIX ANS SB TOTASIS

forestiers ombragés de palmiers arecs et de bamboot et eeadsiunt k des fermes, cbarmasles i distaoce, mais beancoop motus attrayantes , ^solament cbiDoises , qoand on les aMnrinait de prës. Le voilage immédiat d'un de ces hameaux se iii«iifBttait par des senteurs d'ail et de fsmier, mdiées laa etBores de qodqiHs fleurs odorantes dont les Cihinois sont fanatiques, et qui abeortMBt complètement les doux p^irrimis âv \a rose bliinrlie sauvage qui rroil & proftasiou sur les haies. Piiimi les llcurs sauvages de la localité nous reconnaissons les délicates teintes de fleurs de nos climats plus tempérés tranchant déltcieusemeDl sur les vives couleur» de la flore tropicale. Nous écoutons aussi avec plaisir te chant de l'alouette champètrfi, oiseau très-commun dans certains dislricU de la terre ferme, tout i la fais au nord et au sud de la Chine, et, autant que je mêle rappelle, dans quelques cantons deSi.im.

Arrivés au pied de la première chaîne de montagnes, nous renvoyons nos palanquins el mms attendons mon domestique Ahong et les coulis restés de beaucoup en arrière. Peu accoutumé à marcher, Ahoi^ avait d^i les pieds endoloris. Contrairement à mon conseil, il avait chaussé des sandales de paille et la plante de ses pieds iAÙl tellement gonflée qu'il eut beaucoup de mal à faire les douxaUK^' mètres qui noua restaient à parcourir.

ta chaleur était écrasante; si écrasante que, maintenant encore, quand j'y pense, je me sens mal à l'aise et disposé ù retirer mon habit. La route, s'il est permis de lui donner ce nom, était un seotier effondré franchissant des montagnes desséchées, intercepl presque à chaque pas par dus lilocs H'argile durcie et par des fondrières de deux à trois métrés de profondeur. Mais cela n'était ri«a comparativement à ce qui nous attendait.

Nous avancions lentement, tantfit contournant la cr6le d'un pré-' cipice d'argile de pins de soixante mètres de profondeur, tantAt plongeant dans les entrailles d'une immense crevasse d'aigle également dontles parois étaient tellementé chaulTées par le soleil quenou nous brûlions presque les mains en les touchant. Le sol se ravinait de plus en plus à mesure que nous nous enfoncions dans l'intérienr; les crevasses aussi se faisaient plus larges et plus profondes. An fond de quelques-unes d'elles, nous trouvâmes des champs cultivés el des traces de torrents alpestres qui, pendant la saison des piniet, se frayent un passage souterrain à travers le sous-sol argilei effectuant ainsi le drainage de la chaîne centrale, tout en rendi A cette même époque, l'agriculture fort périlleuse dans cette réj montagneuse. Le laboureur, en effet, ameublit une terre tralti et doit craindre de voir ses champs et son habitation englouties un subit effondrement du sol.

Mais les Hak-kas, qui cultivent cette argile mouvante, sont prépft-

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fonntifln ombragés de palmisn irecs st d« bâmbiHii «t eoodtdaaiU à des fermes, charmantes i distance, mais beancmqi nudos attrayantes , absolnment chinoises , gaand on les enminait ds près. Le voisinage immédiat d'un de ces hameaux se manifestai par des lenteurs d'ail et de limier, mMies aoz efllaTes de qaekp»» fleurs odorantes dont les Ghinois sont bnetiques, et qui absortitnt complètement les doux parfums de h itst- blaixlie sauvage qui croit à profusion sur les haies. Parmi les ilears sauvages île la localilé nons reconnaissons les. délicates teintes de Ueiirs de nos climats ploB tempérés tranchant déUcieuswnent sur les vives couleurs de la flore tropicale. Nous écoutons aatsi avec plaisir le chant de l'alouette champêtre, oiseau tcès-conniiiuii dans certaios district» de la terre ferme, tout k la fois au no rd et au sud de la Chine, et, autant que je mêle rappelle, dans quelques cantons deSiam.

Arrivés au pied de la première ctiaine de montagnes, nous renvoyons nos palanquins et nous attendons mon domestique Ahong et les coulis restés de beaucoup en arrière. Peu accoutumé à marcher, Ahong avait d^àles pieds endoloris. Conlrairetnenl à mon conseil, il avait chaussé des sandales de paille et la plante de ses pieds tellement gonflée qu'il eut beaucoup de mal i!i faire les douaekïl^ mètres qui nous restaient à parcourir.

La chaleur était écrasante; si écrasante que, maintenant encore, qaand j'y pense, je me sens mal A l'aise et disposé h retirer mon habit. La route, s'il est permis de lui donner ce nom, était un sentier efibndré franchissant des montagnes desséchées, inlerci^té' presque à chaque pas par des blocs d'argilû durrie et par des fondrières de deux à trois mëtres de profondeur. Mais cela n'était riea comparativement <t ce qui nous attendait.

Nous avancions lentement, tantôt contournant la crête d'un précipice d'argile de plus de soixante mètres de profondeur, tanUt plongeant dans les entrailles d'une immense crevasse d'aigile également dont les paroisétaienttellementéchautTées par le soleil que nons nous brûlions presque les mains en les touchant. Le sol se ravinait de plus en plus à mesure que nons nous enfoncions dans l'intérienr; les crevasses aussi se faisaient plus larges et plus profondes. An fond de quelques-unes d'elles, nous trouvâmes des champs cultivés et des traces de torrents alpestres qui, pendant la saison des pli se frayent un passage souterrain à travers le sous-sol argilei effectuant ainsi le drainage de la chaîne centrale, tout en rendi k cette même époque, l'agriculture fort périlleuse dans cette réf montagneuse. Le laboureur, en effet, ameublit une terre tralti et doit craindre de voir ses champs et son habitation englouties un subit effondrement du sol.

Mais les Hak-kas, qui cultivenl cette ai^ile mouvante, sont prépa-

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rés à de semblables éventualités ; accoutumés à un prompt changement de résidence, ils reprennent sans murmures leurs travaux agricoles partout où ils trouvent à se fixer. Par le fait, la disparition soudaine de leur propriété produit quelquefois d'excellents résultats. Peut-être émigrent-ils, soit dans un pays plus salubre et plus stable, soit dans un autre où les arbres et les débris roulés par les torrents leur foumirontducombustible pendant les mois d'hiver.

Sans aucun doute, tout cela semblera étrange à ceux qui ont oui dire que les maisons ne pouvaient être transportées d'un quartier d'une ville à un autre qu'au moyen de puissantes machines hydrauliques. Mais je crois pouvoir affirmer que ce qui se passe à Formose est un exemple de force hydraulique opérant sur une échelle beaucoup plus vaste. Je n'ai pas besoin de dire que le gouvernement impérial n'a pas jugé utile d'expédier un géographe pour relever la carte de cette contrée dont la physionomie se modifie sans cesse ; et, à mon sens, il serait assez difficile au fermier, i la fin de chaque saison pluvieuse, de déterminer exactement le lieu où lui et ses voisins se sont fixés.

Nous arrivâmes à Poah-bi à quatre heures de l'après-midi. Cette localité est le premier établissement d'une tribu d'aborigènes nommés par les Chinois Pépohoans, c'est-à dire étrangers de la plaine. Ces gens-là n'ont pas oublié leurs anciens maîtres, les Hollandais. Ils conservent avec amour les traditions de leurs excellents frères aux cheveux rouges ; aussi accueillent-ils cordialement les étrangers. Jadis, au temps de la domination hollandaise, ils habitaient les plaines fertiles que nous venions de traverser; mais il y a longtemps déjà qu'ils en ont été brutalement chassés par les Chinois. Ils se sont établis plus haut, dans la montagne, et si solidement qu'ils ont défié jusqu'ici tous les efforts du conquérant impérial.

Si les Japonais faisaient alliance avec ces intrépides montagnards, les Chinois éprouveraient des difficultés presque insurmontables pour expulser de l'île les envahisseurs.

Les indigènes vinrent en foule au-devant du D' Maxwell qu'ils n'avaient pas vu depuis un très-long temps. C'est une belle race, à physionomie ouverte et dont les franches et sincères allures forment le plus agréable contraste avec Tasluce chinoise. Les Pépolioans se sont assimilé les arts chinois de l'agriculture et de la construction. Leurs habitations sont môme supérieures à celles des colons chinois, et ils sont mieux vêtus. Ce qui me frappa, comme le l'ai fait observer ailleurs, c'est que par leurs traits et leur costume ils ressemblent aux Laosiens de Siam, tandis que leur vieux langage porte la trace indéniable de son origine malaise ^.

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