U DIX ANS DE VOTAGES
tiers et de fougères gfniiLcs se rejoignant en berceau bien a de nos létes. Un ruisseau limpide tombait en cascade, de saillie e»3 saillie, se concentrant çà et là duiis quelque grand bassin de pierra j oii sa surface miroitante reflétait les i'ougtres qui Tormaient un! ceinture à l'étang. ■
Nous fimes une courte balte pour admirer la merveilleuse beaut (le celte gorge et pour en prendre la pliotograpbie, en regrettai que ce cliché ne put nous donner que la lumière et l'ombre, et ns9 Tût susceptible de reproduire ni les diverses teintes des rocs mouss^ et de leurs anTracluosités, ni les nuances des plautes grimpantes, d les jeux dos rayons solaires dans les masses de verdure et sur I( pierres noires qui les entrecoupaient. Ses splendeurs naturelletl part, cette localité offrirait un vaste cbanip d'exploitation < iogiie et au botaniste qui se résoudraient à se hasarder aussi loi des centres civilisés.
Tandis que nous prenions un bain dans un étang clair et profos nous fûmes abordés par sis Pépohoans qui étaient venus pécher (0 CQt endroit. L'un d'eux, un vieillard, perçait fort adroitement 4 poisson avec ses ilèches ; d'autres cbassaient les crabes dans les ri - chers, leur arrachaient les pattes et les dévoraient vivauls, earapajl et tout. Les plus jeunes de la bande attrapaient le poisson enbftttî Tcau avec une verge de bambou et en étourdissant ainsi leur prOm
Un fatigant sentier escaladant le flanc de la montagne k ^Tvnti^ futaie nous conduisit k un autre point de vue. ChangemQDfcl décor.
Ici, les arbres étaient, pour la plupart, de taille gigantesque.] une grande hauteur, semblables il des vergues de navire, se pra taient leurs longues branches latérales d'oii pendaient, commet tant de c&bles et d'agrès, les tiges dénudées de plantes parani obéissant au moindre souffle de la brise. Parmi ces essences, n remarquâmes un certain nombre de magnifiques camphriers, dOBifl le plus grand, de plus d'un mètre de diamètre, s'élevait à une il m ense hauteur, droit et effilé comme un cierge et complélei dénué de branches. A travers les buissons qui couvraient le sol pai4 saient et repassaient des plants de rotin à rinfmi. Dans une cUi-.^ riëre, nous trouvâmes un lis magnifique en pleine floraison et dont la taille, à partir des racines, atteignait environ trois mètres. Partout, des orchidées embaumaient l'air de leurs pénétrants parfums. ' '
Du sommet de cette montagne, la vue embrassait la chaîne centrale. Sur les premiers plana, des montagnes boisées, semblables i. celles que nous occupions, se prolongeaient en lignes parallèles et . otfraient l'aspect d'immenses vagues solidifiées. On'ue pouvait apercevoir La-lung, situé dans la vallée, à dix kilomètres de notre point d'observation. L'horizon était enveloppé d'une brume vaporeuse
DANS LA CHLVE ET L'INDO-CfllNE.
Imii^rormanl \es inonlagiics en largua masses d'un bleu intense dont les arCtes se doraient sous les rayons du soleil couchant.
NuuB fîmes on ce lieu ia rencuutre d'un Pépohoan ven.nnt, pur la montagne, de l'autre côté de l'île, et retournant dans son village. Il nous apprit l'existence d'une belle rade sur In côte orientale, et ajouta que, moyennant un tribut de trois bœuTs, les montagnards lui avaient octroya le libre passage sur leur territoire.
Il était quatre heures environ, quand nous arrivâmes à Lalung. C6 village s'élève sur le bord d'une large rivière, réduite acluelle- (jient&de minimes proportions. Delà berge, hautede près de 20 mètres, on pouvait voir le cours d'eau se dérouler à 800 mètres de t son lit habituel. On nous alflrma que, dans la saison des pluies, celte nri^re se gonile au point de remplir entièrement son lit, et qu'alors
'Jîi
■elle inonde les bas plateaux de la plaine occidentale. C'est évidem-
inent Vuiie des principales arti'TL's du druinafic lie la chaine centrale.
1 Si l'on tient compte de l'altiludc do ces montai^nes, en mâmc \eaifi^
r^e de la force des torrents qui se précipitent dans l'étroite p" '
]';iiii;iiil ^iiiiHii'1Ii'[jH'til il:\ii'^ liir niui'~i> il'iiiiiiii'iises quantité
lung.
•débris qiie la mer ne resse de rejeter et de déposer sur la côt* ont on comprendra comment la terre empiète graduellement sur l'C indépendamment df l'action volcanique encore it l'œuvre dans 0 laius cantons de l'ile. C'est probablement h ce r»lli]u'il ccn •d'attribuer la disparition, dans la courte période de deux siècles, du havre de Taiwan et la rorination, plus au sud, liu havre de Takow.
C'est peut-être à Formose que se rencontre l'exemple le plus frappant de la puissance des eaux au point de vue de la modification de la physionomie physique d*une contrée. Presque nulle part, dans cette île, il n'existe de cours d'eau fixes; en se précipitant des montagnes, les torrents, dans leur course impétueuse, attaquent les positions faibles, dans le roc et le sol, et se créent sans cesse des lits nouveaux.
A partir du sommet de la montagne, nous suivîmes pendant une heure le lit desséché d'un cours d'eau taillé dans une strate rocheuse noire où nous trouvâmes des traces d'argile schisteuse et de houille. En arrivant à une petite rivière, nous rencontrâmes madame Hong, qui nous dit que son mari nous conduirait au village. Cette dame était accompagnée déjeunes sauvages portant un attirail de pêche. Le village de La-lung n'est séparé du territoire des indigènes absolument sauvages que par le cours d'eau ci-dessus désigné. Il renferme une population d'un millier d'âmes. Hong était absent; mais il ne tarda pas à revenir et il nous dit que Boun, son fils aîné, ayant perdu sa femme, se trouvait actuellement chez ses parents, les sauvages de la montagne, pour en prendre une autre. 11 devait rentrer la nuit môme sous l'escorte de membres de la tribu de sa nouvelle épouse.
C'est ici, dans ces villages pépohoans, que j'ai observé l'unique exemple de l'emploi, par les Chinois, d'agents pour traiter avec les naturels de la contrée. Il semble que les Pépohoans servent fréquemment d'intermédiaires dans le commerce interlope entre les montagnards et les Chinois. Ces derniers, en efl*ct, quoique négociants patients et déliés, sont rarement doués de l'esprit d'aventure et ont une peur horrible des montagnards. Ce sentiment, d'ailleurs, n'est pas dénué de fondement. Tout récemment, dans un village des montagnes, un missionnaire surprit les habitants ornant leurs huttes de crânes de Chinois. On assure, de plus, qu'ils sont cannibales. Et, fait étrange, les armes et les munitions dont se servent les tribus montagnardes, pour tuer les fauves et les Chinois, leur sont fournies parles Chinois eux-mêmes.
Les liens de famille, entre ces tribus et les Pépohoans, sont constamment resserrés par des unions réciproques. La cérémonie du mariage est d'une extrême simplicité. Le père de la fiancée prend sa fille parla main et la délivre à son futur seigneur et maître ; puis, on se met à table et Ton boit à outrance. Dans les vieilles relations liollandaises, il est dit que l'offre d'un présent par le prétendu et son acceptation par la jeune fille suffisent pour rendre le mariage légal, conformément à la règle : Nuptias non concubttus^ sed consensus ^aci(. Le mariage se dissout avec une égale facilité. En vérité, il est permis de croire que les « Amoureux libres » d'Amérique ont em-
prunté leur doctrine d'inconstance et leon Tolagea pntîqDM tuz
peu cheTalereiques tribiu deFormose.
Hong .nous reçut avec laplits |;i';mde rordialilé el voulut absfl ment utcrifler un cochon pour accomplir dans toute leur pl^niti les rites de rho^ît«litâ. En conséquence, l'aniniBl fnt égorgé dm la porte, en présancïe d'une bande de chiens famélique» qui se U rentun combat acharné autourdu sang répandu.
Mon domesUiiue AboQg.' m'assura solennellcmuiit qutt des|p qui comprenaient si bîeti l'usa^'e du porc rôti ne pouvaienl ï classés dans larClÉ^rie des baibures.
Jerecqi^is ici bq certain nombre de mots de l'ancien idiom»! pohoan ifcaAe lectéor trouverai l'appendice.
Le lendemain matin, nous nou^ renitmes en route sous la d tion de Goùnà, le pins jeune dee fils de nolrt? h&te. C'était un ij saange, pétillant d'entrain et de gaieté, et portant, pour tout t' ioaent, une couronne de fougèrt-s, do sorte iiiui 1» chaleur ne d pas l'incommoder beaucoup.
'Neas^descendioDS un éboitsenlier couduisniit au til dcsséehtj la rivière, lonqne tont à coup so dressa devant mes pas la tête t serpent jaunâtre mesurant plus de deux mËlres de longueiu-. Jul appliquai sur la nuque un coup d'un gros haïuhou que je teiui&^ main, sur quoi le reptile s'enftail rapidement. En arrivant au bau l'escarpement, nous le retrouTimcs Liiché sous une éuorme pief Avec l'aide d'un on deux ind^ftnes, je soulevai la pierre, et notr&ll nemi s'élança sur nous, sifflant. li?s yeut oudammés el dardant langue fourchue. D'uu second tuup de bàtou je le luai net. Il é trop grand pour que je pusse remporter; aussi l'abandon] auxPépohoansqui, dit-on, sont très-friands de serpenta.
Je désirais vivement traverser la rivière, mais J'en fus empècbijH les indigènes qui me dirent qu'un mois auparavant deux homiti avaient été tués par une tribu hostile sur la rive qui nous faîÉ précisément face.
Dans ce canton, je reproduisis quelques bons types des I aborigènes. Je pris également une photographie du paysage.
A deux heures nous nous dirigeâmes vers Lakoli, distant d'eia ron vingt kilomètres. Nous trou vilmes une petite rivière roulant UM eau fortement alcaline. Sur les hords, l'alcali, la soude et la potat>sa s'étaient cristallisés en quantité assez considérable pour avoir l'apparence d'une récente chute de neige. Les berges s'élevaient actuellement de soixante mètres environ au-dessus du lit propre do la rivière, et l'on y remarquait des couches alternes d'aigle et de roc. Devant nous se déployait un panorama d'une imposante grandeur. Les montagnes s'étageaient les unes au-dessus des antres, inondées de la lumière pourprée du soleil couchant, et couvertes d'épaisses
forêts TÎerges qui en adoucissaient les gigantesques contours. Ici, un torrent, s'élançant du haut d'un noir abîme, tombait en écume sur les rochers et se perdait dans la forôt. Partout, autour de nous, nous pouvions nous assurer que la puissance qui avait revêtu ces grandioses montagnes d'un manteau de verdure éternelle, avait étendu sa sollicitude jusqu'aux plus petites fissures des rochers ; en fleurs^ en fougères, en mousses, nous y découvrîmes tout un monde de microscopiques beautés.
La splendeur de cette région pendant la saison des pluies doit défier toute description. Alors des milliers de cataractes, enveloppées de vapeur, illuminées de toutes les couleurs du prisme, jaillissent des flancs des montagnes et se précipitent en mugissant vers la rivière, leur réceptacle commun.
En face de nous, comme dans un paisible vallon, nous apercevions le village de Lakoli — quelques grossières habitations et quelques champs labourés entourés d'une épaisse ceinture de jungles. A la lumière successivement décroissante du jour, nous distinguions ses haïes vives, ses palmiers, ses arecs et ses manguiers. Mais bientôt tout fut plongé dans les ténèbres, et nous nous dirigeâmes presque à tâtons vers le village. Nous entendions les sons d'une musique sauvage, des éclats de rire et le bruit des pas des danseurs ; mais nous ne vîmes pas une âme avant d'avoir atteint la cabane d'un certain Kino-Siang, une vieille connaissance du docteur Maxwell.
Ici, nous ne reçûmes qu'un froid accueil. Le vieillard, anéanti par les efl'ets combinés de rhumatismes et de la fumée d'opium, était dans une hutte voisine, où nous le trouvâmes se faisant éventer par une jeune esclave. Son fils, un grand gaillard dont la taille dépassait deux mètres, se tenait debout sur le seuil de la cabane, ayant auprès de lui sa femme, qui appartenait à une tribu montagnarde amie. Les parois extérieures de cette habitation étaient festonnées de crânes de daims et de hures de sangliers, trophées de chasse du propriétaire. Quand le père eut achevé sa pipe d'opium, il daigna nous permettre do nous établir pour la nuit dans une cabane.
Désirant me procurer de la nourriture, ainsi qu'un vase pour y faire bouillir jusqu'à dessiccation mon bain de nitrate d'argent (les photographes comprendront la nécessité de cette opération), je me rendis, à la lumière d'une torche, chez un nommé La-Liat, un natif d'Amoy, qui exerçait ici le commerce d'échange avec les montagnards. Nous ne vîmes dans sa hutte que peu ou point de marchandises. Sur le plancher d'argile, une table au-dessus de laquelle brûlait en vacillant une mèche plongée dans une coupe d'huile. Dans ce triste intérieur était réunie une bruyante compagnie occupée à fumer et à boire.
33i DIX ANS DE VOÏAGKS
.Ni>Lic cnlréc fui à ppîne remarquée et personne ne se drningca pour nousrecovciir. Ou n'avait rien de ce que nous demanilioiis; pas même un tnnl de politesse uc nouH Tut adresse. Une vicilla remme ivre siï leva en titubant, une théière de sam-shu â la main, «I oSHl de nous vendre le vase après qu'elle en eut soigneusomeul vidé !• contenu. Sur ces enlreFaites, La-Liat, qui dormait sur une sorte de coniploir, s'tSvcilIa, reconnut son ami, et consoiilil à trafiquer avoo noua. Fait étrange à relater, en souvenir de ses anciennes relations avec le docteur, il nouii fournit une douzaine d'œufs avec une cnicbe hruiio, et refusa abiiolument d'en recevoir le prix, de sorte que n lûmes obligés do le contraindre à accepter notre argent. Il notnl voir ensuite du camphre brut, des pelleteries, des bois do cerfs, i défenses de sangliers, des rotins, et autres articles qu'il avait acij^ d'une bande do sauvages venus, de leurs terrains de chasse, & LaSn le jour précédent. Il leur avait donné en échange des perles jj verre, du drap rouge, des couteaux oL de la poudre.
Notre guide armé dormait sur une natte auprès de notiti, que Ahong et moi nous faisions bouillir mon bain dans le i de porcelaine, occupation qui se prolongea jusque vers deux hoi du matin. C'était nnc œuvre des plus fastidieuses. Quand n<M fûmes installés devant le feu, Ahong s'endormit. Ensuite, ce fat ' mon tour ; puis nous dormîmes tous deux et nous fûmes obligés de '-v ranimer le feu qui menaçait de s'éteindre. Je grondais mon domestique ; bientôt après je me laissais moi-même aller au sommeil, et cela dura ainsi jusqu'à ce que le liquide fût complètement évaporé. A un munit'iit, les vapeurs alcooliques prirent feu... Un cri terrible me réveilla en sursaut, j'ouvris les yeuï et je vis tout contre mon visage la face ridée d'une vieille sauvage qui flxail sur moi des regards flamboyants. On l'avait probablement placée là en sentinelle pour nous épier, et elle disparut instantanément dans les ténèbres d'où elle était sortie... Ahong, troublé dans son sommai,'
aperçut l'apparition et déclara que c'était le enfin Celui dont 3
ne voulait pas prononcer le nom ! Mais sa tranquillité était àéammais détruite. Je ne saurais dire moi-même ce que pouvait Mn .cette vieille sorcière ni de quelle façon elle s'évanouit. Hidease, I» yeux hagards, elle n'avait certainement rien d'humaio ; et sa faSâ fut aussi rapide et aussi silencieuse que la bouffée de fùmée^ ^'cB^ tirait avec rage de sa courte pipe de bambou.
Nous reposâmes quatre heures, et au point au jour nous éliott debout et prêts k nous remettre en route. Mon opération de la nint avait complètement réussi à restituer toutes ses qualités à mon bain de nitrate d'argent; seulement l'eau dans laquelle j'avais l'habitudo de le diluer était tellementalcaline, que je dus employer une bonne dose de vinaigre chinois pour l'aciduler légèrement.
Gomme je ne parlerai plus de Formose, je crois utile, à partir de ;e moment, de condenser quelque peu ma narration.
Au retour, en atteignant le sommet de la première chaîne, aulessus de Lakoli, je sentis qu'au lieu d'installer mon appareil, je érais mieux de m'étendre et de dormir ; mais nous n'en avions pas 8 temps ; car, outre le travail photographique qui devait se proonger pendant la journée, nous avions, par la route que nous suiîons, de quarante h cinquante kilomètres à faire avant la nuit.
Le docteur Maxwell ne se sentait pas bien ; il avait cependant promis d'être à Baksa le lendemain afin d'y diriger le service de la chapelle. Nous poursuivîmes donc notre chemin. Au pied d'une lutre chaîne, sur la berge d'une rivière, je pris deux nouvelles phox)graphies, et nous nous arrêtâmes quelques instants pour admirer m étang couvert de joncs et baigner nos pieds dans ses eaux fraîîhes et limpides. A notre approche, dos myriades de petits poissons Songèrent et allèrent s'abriter sous les cailloux. La surface était ûUonnée d'insectes étranges qui passaient comme des étincelles h ravers les roseaux. Perché sur une large feuille, un énorme crapaud mn'eillait tous nos mouvements avec autant de sang-froid que de cavité, et paraissait s'attendre à des excuses pour l'interruption de ;a toilette matinale .
Tout le reste de notre route s'accomplit péniblement à travers nonts et vallées.
A midi, nous fîmes halte dans un petit village, vis-à-vis d'une tiutte où une vieille femme vendait des fruits. Une fonle de Pépohoans, dont le vêtement eût été décent s'il avait seulement couvert eur nudité, vinrent nous voir manger, ('/était pour eux un spectacle sauvage, s'il faut en juger par les grognements et les exclamapions qui leur échappaient taudis que nous dévorions avidement los œufs durs et ingurgiti(»ns notre thé. Toutefois l'expression doninante, sur la physionomie de ces gens si élémeiitairement vêtus, Était celle d'une stupide curiosité. Il faut dire que la satisfaction |u'ils semblaient Ressentir égalait i\ peine celle (jue nous éprourions nous-mêmes en calmant ainsi notre furieux api)élil. Selon sa îoulume, le docteur causa avec les indigènes et indicpia quelques ;)rescriptions pour les malades.
Notre halte suivante eut lieu sur les bords d'une grande nappe d*eau où nous nous plongeâmes avec délices. C'était peut-être une imprudence, mais elle nous procura un soulagement momentané.
Peu d'heures après, mon ami se sentit très-mal et dut s'étendre à Fombre de quelques arbrisseaux. 11 n'y avait pas d'eau dans un rayon de quelques kilomètres. Sur sa demande, je lui administrai une dose de quinine et de fer, et, au bout d'une heure, nous pûmes nous remettre en route. Je pris une vue de l'un des grands puits
336 DIX ANS DE VOYAGES DAH8 LA CHINB. BTC.
a^ileuz de cette région ; mais ce ne hit que uiie kilonkèlm ploi loin que je pas troaTerune goutte d'eau pour laver 'la plaqua et
obtenir l'épreuve négative. Ce fui, iDiitL-foiE. l'une de mes meilltiurcs, photographies.
■■ Sur la montagne qui domine Bnksn, nmi» nous arrâtAfAesd Bne butte ott l'on nous offrït un vi-.ii v{'^a\, une coupv do i -viêigfl. En descendant la rampe >iiii- j'ai ilocrite an d^purt, moajl glissa ; heureusement j'ésquini l'oftioyalile rhiile un m'arciu^ ta roc dont les arAtes trànchanlcs tôt? blessf^roiit cruellemp^ mains.
■ Est-il besoin de dire qu'enfin arrivé» ilBakKa, notre repos n k nuit hit aussi calme que répanitonr? (Ju^iqUR tr6s-fiQul&4d la flèrre, mon ami se trouva cepeiulant assez bien pour condl aervice de la chapelle le lendemain nuiUn. Ce jour-là, tout 1] était suspendu à Baksa, et plus tle tmi» cent» HdMt*» Turt déw^ii ^parence assistèrent an servici^ divin. A lu chapcllu est anj ime école ott- les enfants et mCinc le» adultes appr<;nneul A U à écrire dans le dialecte chinois d'Amoy.
Deux ou trois airs indigènes avaient i^té adaptés îy not bn ils étaient empreints d'une harmonie qiu'IquH peu snuvage et dfi tire, ayant plus d'un point de' refisoriiblanre avec. Ice«oupii-»ilttV dans lés vieux arbres des for^t» du paya, ou avec le încMÀ orages sur les rochers de ses r<M(>s. A t'excuption de ces i simples ballades que se lèguent lo» générations — les PépolK n'ont, qne je sache, ni musique ni instruments. Ti-ès-prioiilUk j leurs habitudes, ils nepratiqucnl irmitre imliistrie ijiie du sol, et encore de la façon lu plus élémentaire. Mais cesti abandonnées à elles-mêmes possèdent un charme qui Iti propre ; nne complète bonne ff>i et une grande probité. Tm journée, mes caisses restaient ouvertes sans surveillance d'à sorte, et jamais je ne perdis la ralcur d'une épingle.
Il me faut maintenant quitter Fnrmose, celte lie non motaiS marquable par ses splendeurs [i;iturelles que par le cnructfeEeil pitalier et la simplicité de ses b:Ll>itanls. Plus tard, Je l'ai trn jusqu'à Takow, dans le but de visiter les cantons sauraj^es, a plus au sud ; mais les habitants de ces canton»i se trouvaient, fl le moment, en guerre avec les Chinois, et leur territoire ne p être abordé avec sécurité.